Le quotidien d'un directeur d'école

L'école vue de l'intérieur :les réflexions, au jour le jour, d'un directeur comme les autres dans une école comme les autres.

mercredi 1 mars 2006

Quelques histoires

De nouveaux inscrits en retard pour le premier jour. Surprenant ? Et bizarre, d’autant plus qu’elles me disent être venues en bus. De la rue d’à côté !

Renseignements pris, les deux fillettes semblent hébergées chez leur grand-mère dans une commune voisine. Ayant été peut-être été éconduites pour leur inscription à l’école. Il n’y aurait soi-disant plus de place. La mère et la grand-mère ont donc utilisé une adresse de complaisance pour faire inscrire ces enfants chez nous.

Bien évidemment, les numéros de téléphone que l’on m’a donnés la veille ne répondent pas. Il va nous falloir garder les deux filles jusqu’à éclaircissement de la situation. Le service scolaire de la mairie, prévenu, me confirme que l’inscription n’est pas valable. De plus, la scolarité étant obligatoire, la commune d’hébergement doit obligatoirement scolariser ces enfants.

En attendant, elles iront patienter dans une classe d’accueil provisoire. Imagine-t-on les perturbations que cela peut entraîner pour ces jeunes enfants d’être ainsi ballottées de droite et de gauche.

La journée se poursuivit avec une demande de déclaration d’accident. Surprenante elle aussi. L’enfant qui est tombé en jouant au foot jeudi dernier sous les yeux de sa maîtresse, n’avait pas particulièrement manifesté de douleurs particulières. Mieux, le lendemain il courait comme un lapin en jouant à chat (curieux, mais il pouvait difficilement courir comme un  chat en jouant au lapin) avec ses camarades.

Le lendemain matin, la maman était déjà venue nous voir pour nous signaler qu’il avait été agressé lors de ce match de foot et qu’il présentait des douleurs au niveau de la cheville. Elle l’emmenait chez le médecin. Hier absence de l’enfant et retour aujourd’hui avec un diagnostic d’entorse. Que penser ? La déclaration sera tout de même faite, pour rassurer la mère, en évitant d’impliquer des responsables, ce qui complique beaucoup les procédures. Surtout avec les assurances privées peu enclines à assumer leurs responsabilités mais cherchant toujours à faire porter la faute par un tiers. En discutant avec la maman, j’apprends qu’elle redoute des contrôles. De la part de qui et pourquoi ? A creuser.

Pour le reste : le train-train : trois histoires entre enfants à régler. Dont une pour laquelle la maman s’est déplacée en début d’après-midi à l’école. Je fus obliger d’intervenir de façon assez sèche. Nous étions en plein dérapage raciste. D’origine maghrébine, elle s’empressait de généraliser le conflit qui opposait sa fille à un enfant africain noir. J’imagine ce qu’un Coluche aurait pu dire : « Ce n’est quand même pas nos arabes qui vont venir dire du mal de nos noirs. Aujourd’hui on emploierait beur pour arabe et black pour noir. Je précise, qu’il s’agit évidemment de second degré. Manquerait plus que je me fasse accuser d’être moi aussi raciste ! Dans ce genre de situation, le rappel à la loi est en général suffisant. Je me contente de signifier qu’il s’agit d’un délit dans le droit français punissable d’une amende importante. Même si dans les faits, j’ai lu une étude récemment, ces lois sont très rarement appliquées.

Posté par danledir à 09:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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