Le quotidien d'un directeur d'école

L'école vue de l'intérieur :les réflexions, au jour le jour, d'un directeur comme les autres dans une école comme les autres.

mardi 7 mars 2006

Ecole le samedi matin

Vaste débat !

Qui dure depuis des lustres… En attendant que quelque chose change, il faut vivre avec. Et puisque nous nous levons chaque samedi, faire venir les élèves. Ce qui n’est pas une mince affaire. Surtout pour les CP, dont les parents étaient habitués aux grasses matinées. En effet, il est très rare (et c’est dommage) que les enfants de maternelle soient accueillis le samedi matin. Il ait des école où la dissuasion est redoutable. Les enseignant eux-mêmes revendiquent de pouvoir consacrer ce temps à la concertation. Et en élémentaire, alors ?

Je relève donc soigneusement les absences du samedi et dès le lundi matin, je me préoccupe de connaître les raisons de celles-ci. A partir de trois, je m’efforce de contacter les parents, éventuellement de les recevoir pour remédier à cet état de fait.

Quand j’ai le temps, je téléphone dès le samedi matin et m’efforce de faire venir les enfants à l’école même en retard. C’est radical. Surtout que les enfants profitent du calendrier incohérent des samedis sans école pour essayer de convaincre leurs parents qu’il n’y a pas cours. Il faut dire que l’administration ne nous aide pas. Il faudrait au moins que ces douze samedis consacrés aux travaux de l’équipe pédagogique, conseils des maîtres, conseils de cycles et conseils d’école soient répartis régulièrement pour que les familles s’y retrouvent. Ils disposent bien évidemment de la liste de ces samedis "vaqués " mais ont parfois du mal à s’y retrouver. Pour toute l’année, c’est douze samedis plus éventuellement les deux demi-journées syndicales.

Là-aussi, la persévérance porte ses fruits et le nombre d’absences du samedi diminue régulièrement d’une année sur l’autre. Il reste malgré tout quelques irréductibles et il faut toujours maintenir la pression et habituer les parents de cp.

Le plus gros avantage de la classe le samedi, c’est de pouvoir rencontrer les parents. Ils viennent très facilement aux réunions d’information dans les classes : presque 95% de participation, même chiffres pour venir chercher les livrets d’évaluation de leurs enfants trois fois par an. Nous organisons aussi des samedis – rencontres - petits déjeuner auxquels ils participent en nombre important.

C’est aussi le moment où nous pouvons rencontrer les pères séparés dont c’est le week-end de garde qui viennent chercher leur enfant. Nous avons remarqué que pour certains élèves, mettre les pères dans le coup était déterminant pour les aider.

Si un jour, la commune optait pour la semaine de quatre ou cinq jours avec le mercredi, il faudrait absolument prendre en compte cet aspect des choses.

Maintenant, une anecdote toute fraîche :

Hier, donc avisant une des mamans dont l’enfant est habitué à ne pas venir, je lui en demande les raisons. Nous étions invités à une fête me dit-elle. Quand je lui fais remarquer que c’est la cinquième fois depuis le début de l’année, elle me rétorque aussi net : " De toute façon, pour ce qu’il fait à l’école ! "

Je lui ai fait remarquer que si elle le prenait sur ce ton, nous en discuterions plus tard et pas sur le trottoir devant l’école. " Oui, je le prends sur ce ton " Sur ce, elle tourna les talons et s’en alla.

Cette maman ne m’est pas inconnue. Nous avons eu déjà plusieurs accrochages depuis le début de l’année. Elle a beaucoup de mal à accepter le fonctionnement de l’école avec ses règles, ses horaires et ses contraintes.

Son enfant, très immature, présente de grosses difficultés de langage, de comportement et a beaucoup de mal à rentrer dans les apprentissages. Pris en charge par la maîtresse d’adaptation (plutôt celle qui fait office de, sans formation, je le rappelle) deux fois par semaine, cela ne semble pas suffisant. Il serait dommage en plus qu’il perde tous ses samedis matins.

Nous allons essayer de convaincre la mère de venir participer à une réunion d’équipe éducative pour envisager d’autres prises en charge, extérieures celles-ci au CMPP ou au CMP et pour lui faire prendre conscience de ses difficultés et de la nécessité d’une aide. Ce n’est pas gagné.

Posté par danledir à 12:15 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    merci

    Merci pour votre commentaire ssur mon blog (www.histohebdo.fr.tc)

    mat

    Posté par mat, mardi 7 mars 2006 à 18:19

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