Le quotidien d'un directeur d'école

L'école vue de l'intérieur :les réflexions, au jour le jour, d'un directeur comme les autres dans une école comme les autres.

samedi 23 décembre 2006

Projet de vacances

Il était temps. L’accélération de ces dernières semaines m’a même empêché de relater les multiples événements qui ne manquaient pas d’arriver à un rythme de plus en plu effréné.

Ajoutez à ceci l’obligation de rendre le projet d’école lors de la réunion avec nos personnels de l’inspection hier matin. Le voilà enfin bouclé ce projet d’école. Ce ne sera pas sans mal. Dernier exemple : nous devions lors du conseil des maîtres rédiger les fiches des actions retenues pour chaque axe. Malheureusement, la discussion sur les remplacements et la gestion des affaires courantes nous a pris tout notre temps. Résultat : chacun repart avec trois fiches à rédiger. J’insiste sur le fait qu’il me faut ensuite les saisir sur l’ordi et donc me les rendre le plus tôt possible. Las, le lundi, j’eus deux fiches, deux de plus le mardi et toutes les autres le jeudi soir. Ce qui me valut un coucher relativement tardif : presque un réveillon pédagogique ! Le matin, je m’attendais à avoir les six fiches manquantes que devaient me donner deux collègues. Mais non, ils n’avaient pas pu les faire. Ils s’étaient certainement couchés plus tôt que moi… Je réussis malgré tout à les rédiger avant l’heure fatidique de la réunion. Ouf !

J’apprit lors de la réunion que le délai de remise des projets d’école était prolongé jusqu’au quinze janvier…

Tant pis ou tant mieux. Je pourrais être tranquille pendant les vacances. Enfin quand j’aurais fini les comptes de cantine, de coopérative et d’étude. Puis quand j’aurais préparé les registres de cantine et d’étude pour la rentrée. Et enfin commencé à réfléchir et rédiger le rapport d’activité que me demande mon inspectrice pour mon inspection prévue en janvier.

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mardi 19 décembre 2006

Stages ?

Les enseignants ont droit à des stages de formation continue. On disait –est-ce toujours vrai ?- que chaque enseignant devait avoir droit à 36 semaines, soit l’équivalent d’une année de formation, tout au long de sa carrière. Je connais nombre d’enseignants partis sans avoir pu bénéficier de ces 36 semaines de stage de formation. D’ailleurs aucune obligation de se remettre à jour. J’ai connu des collègues qui mettaient un point d’honneur à ne jamais s’inscrire à aucun stage. Puisque la démarche devait être volontaire… C’est toujours le cas d’ailleurs.

Plusieurs cas de figure pour remplacer ces collègue. Les fameux PE2 , voir chronique précédente, en stage massé pour trois semaines. Ce fut la cas d’une collègue ces derniers temps. Bien contente de récupérer sa classe un peu mise sans dessus dessous. Ce peut être aussi les B.F.C, nouveau sigle dont je ne vous ai pas encotre parlé. Il s’agit des Brigades de Formation Continuée. Spécialisés dans le remplacement des personnels partis en stage de formation continuée. Dans le meilleur des cas. Car ces personnels peuvent être aussi malades, y’a pas de raison et puis surtout ils peuvent être réquisitionnés pour remplacer des postes non remplacés par les remplaçants en nombre insuffisant. Je pense être clair mais pour vous ce doit être un peu embrouillé.

Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, nous attendions l’arrivée de deux remplaçants pour que deux collègues puissent partir en stage pour une semaine. A l’heure dite, aucune nouvelle.

Il fallut du temps pour trouver le bon interlocuteur à l’Inspection académique. Il ne fut pas surpris de mon appel. C’était le troisième du genre. Il n’avait pas du tout sur ses listes les noms de mes collègues. Ils ne risquaient pas d’être remplacés ! Mais tout de même, nous avions échangés avec différents interlocuteurs moult coups de téléphones, fax et courriels pour inscrire ces enseignants. Tout cela en pure perte. Heureusement que ces enseignants avaient pris la décision de ne pas aller directement à ce stage mais de se présenter avant à l’école et de garder leur classe en cas d ‘absence de remplaçants.

D’autant plus que nous avions deux autres absents ce matin !

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dimanche 17 décembre 2006

Du bonheur

Heureusement qu’il y a de bons moments. C’était samedi matin l’invitation faite aux parents de venir assister au cours de danse de leur enfant.

Cet atelier est animé par un professeur du conservatoire dans le cadre d’un partenariat avec l’école. D’autres élèves pratiquent des instruments et tous se retrouvent pour du chant choral qui leur sert aussi de formation musicale (plus de cours de "solfège " !). Au cours du bilan d’étape fait récemment il nous a semblé utile de montrer aux parents ce qui s’y passe. En effet, pour que ces activités soient vraiment ouvertes à tous, elles sont gratuites et se déroulent sur le temps scolaire ou péri scolaire. Elles sont basées uniquement sur le volontariat des élèves et l’implication des trois enseignants de CE1 qui voient ainsi leur emploi du temps bouleversé. Les parents n’ont donc aucune visibilité.

Bien nous en prit. Tous les parents vinrent et furent ravis de voir comment se déroulait le cours. Ils purent ainsi se rendre compte de la qualité du travail qui s’y faisait ainsi que de l’implication de leur progéniture. Un bon point pour l’image de l’école.

Je fus surpris aussi de l’évolution des élèves depuis leurs début timides en octobre dernier. Que de chemin parcouru ! Parler avec son corps n’est pas évident et tous s’en tirent bien voir très bien pour les plus avancés. De plus l’attention faite aux enfants par leur professeur est un grand moment de pédagogie et de professionnalisme. Ceci confirme, s’il en était besoin, l’intérêt de partenariat avec de vrais professionnels en ce qui concerne les enseignements artistiques.

Espérons que ce dispositif pourra se poursuivre et s’amplifier les années futures. C’est ce qui est prévu mais tributaire des budgets municipaux. Ne comptons pas sur l’état. Il vient de réduire sa participation de 5% dans le budget du conservatoire. Elle n’était pourtant pas énorme : à peine plus de 10 % du budget total, le reste étant versé par les deux communes concernées.

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samedi 16 décembre 2006

Résolution de problèmes

Comment ne pas se confronter à un problème ? La meilleure façon est de s’en débarrasser.

C’est en tout cas ce que pense et propose un collègue à notre conseil des maîtres du jour.

Ces derniers temps beaucoup de problèmes de remplacement. Pour ceux qui lisent régulièrement ces pages, ils ne seront pas étonnés. Les parents ont déjà à plusieurs reprises occupé les classes, tout en prévenant les journaux. Nous sommes même allés jusqu’à l’inspection académique réclamer les moyens nécessaires. Nous avons d’ailleurs obtenu plus rapidement des remplaçants. Sans être dupes, bien évidemment les besoins de l’ensemble du département restaient criants.

Notre collègue, qui d’ailleurs revient d’un congé de maladie, nous annonça qu’à partir de ce jour, plus aucun élève supplémentaire ne serait accepté dans sa classe. Ce n’était pas une proposition à discuter mais un fait accompli. Tout en présentant cela comme une décision courageuse car il était temps de faire quelque chose. Sans vouloir s’occuper de ce qu’il adviendrait alors des enfants venus à l’école en l’absence de leur enseignant. Les laisseraient-on seuls ? Les laisserait-on repartir chez eux sans aucune garantie de la présence de leurs parents ?

Cette annonce nous laissa d’abord sans voix. Puis plusieurs des collègues intervinrent pour dire qu’ils n’étaient pas d’accord bien entendu avec l’administration qui ne faisait pas ce qu’il fallait mais qu’ils continueraient à accepter les enfants surnuméraires tout en précisant qu’il était très difficile voir impossible de s’en occuper.

Curieuse position donc qui heureusement n’était pas partagée par tous.

Toujours est-il qu’au lieu de finir le fameux projet d’école qui devrait déjà être déposé depuis la fin du mois dernier, nous avons passé le temps à discuter d’une proposition tout à fait incongrue.

L’avantage peut-être est que l’on discuta des moyens de lutte et que l’occasion permit de préciser combien il était important de se mobiliser pas seulement en cas de problème mais bien tout au long de l’année et de construire des rapports de force qui nous permettraient d’obtenir satisfaction de nos justes revendications, c’est à dire un maître devant chaque classe.

Pour conclure, il y a bien deux poids deux mesures dans cette éducation dite nationale. Un récent coup de téléphone d’une collègue partie en province cette année après plusieurs décennies de bons et loyaux services me permit d’effectuer des comparaisons. Chez elle, tout près des montagnes, pas de problèmes de remplacements. D’abord le travail est tout à fait différent de celui qu’elle a connu, les élèves apprennent facilement et ne posent pas de problèmes particuliers, donc les enseignants se portent plutôt mieux. De plus les équipes sont plus anciennes et donc il y a moins de congés de maternité. Je rappelle que tous nos remplaçants sont accaparés sur ces congés.

Qui a dit un jour que nous devions être payés au mérite ?

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mardi 12 décembre 2006

Livrez les livrets

     Voilà revenu le temps des livrets. Indispensables pour les parents qui souhaitent connaître, à juste titre, les résultats de leur progéniture. Utiles pour les enseignants à qui ils permettent d’avoir un état de leur classe à un moment donné. Efficaces pour les élèves qui ne savent jamais trop comment se situer par rapport à leur travail et à leur classe.

       Quant à moi, je les lis avec plaisir, tout en corrigeant par ci par là quelques erreurs d’orthographe que j’attribue volontiers à la fatigue de fin de trimestre.  Je peux me faire ainsi une idée plus précise de mes trois cents soixante élèves. Je vous rassure, je ne mémorise pas tout mais après cinq ans de présence de ces élèves, je peux dire que je finis par bien les connaître.  J’aime bien également écrire une appréciation pour les féliciter ou les encourager, plus rarement mais c’est quelquefois nécessaire les réprimander tout en les engageant à faire les efforts nécessaires.. Ca fait évidemment un peu de travail. Tout irait bien si les collègues s’y prenaient tous en temps et en heure. Malheureusement, ce n’est pas le cas et chaque année, je dois arriver plus tôt le jour de la remise aux parents pour finir à l’arraché les quelques séries des enseignants retardataires.

     Cela fait plusieurs années que nous avons mis au point ce dispositif pour impliquer davantage les parents et cela marche plutôt bien. Pour ceux que nous ne voyons pas – une infime minorité- des rendez-vous leur sont proposés ultérieurement.

      Pour certains élèves, les parents ont un double rendez-vous : avec leur enseignant bien entendu et avec moi. Cela permet de remettre quelques pendules à l’heure et de calmer un peu les plus excités.

     Il faut, bien sûr, ne compter ni son temps, ni sa peine.

     Le point faible pour certaines classes reste la forme des livrets. Alors qu’une bonne moitié des enseignants a adopté un livret de compétence qui permet une évaluation fine et une appropriation par les élèves eux-mêmes de leurs résultats et des attentes du maître, d’autres se contentent de livrets classiques qui ne reflètent pas ou peu les acquisitions et les difficultés de leurs élèves même si cette forme plait mieux aux parents. C’est un point que nous avons mis au projet d’école. Espérons que nous aurons le temps d’y réfléchir sérieusement et d’avoir un outil cohérent sur toute l’école.

    

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dimanche 10 décembre 2006

Qui remplace les remplaçants ?

Situation difficile en ce moment dans toutes les écoles du département et sans doutes d’ailleurs. Les collègues absents pour cause de congé de maladie ne sont pas remplacés.

Malheureusement, pour notre circonscription, ce n’est pas une nouveauté. Pas un seul congé de maladie n’a pu être remplacé depuis le premier jour de la rentrée.

En effet, tous nos ZIL ( c’est à dire remplaçants sur une Zone d’Intervention Limitée) sont en poste sur des congés de maternité ou eux mêmes en congé de maladie longue durée ou pour l’un d’entre eux affecté à un poste détenu par un titulaire en congé depuis bientôt deux ans !

Les parents d’élèves exaspérés par cet état de fait ont décidé d’occuper la classe de leur enfant depuis le lundi jusqu’au vendredi. L’administration n’ayant aucun moyen à mettre sur ce poste. Une délégation demandera à être reçue. C’était pour vendredi soir soit 8 jours après le début de l’absence de ce collègue. Le jour même, la remplaçante que nous avions réussi à avoir sur la brigade départementale pour remplacer un autre congé qui promettait d’être long avait déclaré forfait. Maladie réelle ou difficultés rencontrées avec cette classe ? Un peu des deux certainement.

Nous fûmes reçus fort courtoisement mais sans réelle réponse. L’inspecteur d’Académie adjoint, chargé du dossier des remplacements admit fort volontiers que la règle aurait voulu que tous les congés soient remplacés. Mais il lui était impossible de le faire sans les moyens nécessaires. Il comprenait notre situation, s’efforcerait d’y porter attention mais n’avait pas de réponse immédiate. Il nous promit tout de même, mais au conditionnel, de mettre quelqu’un sur le poste vide jusqu’aux vacances à partir de jeudi prochain. Pour l’autre congé dont la reprise est prévue également jeudi prochain, rien. Les élèves auront passé pratiquement deux semaines sans enseignants. Ils auront tout de même travaillé un peu grâce à la bonne volonté de certains parents occupant la classe et se débrouillant tant bien que mal pour qu’ils ne perdent pas tout ce temps.

J’aimerais des médias des discours sur l’administration démissionnaire plutôt que sur les parents qui eux se mobilisent au quotidien pour que leurs enfants aient ce à quoi ils ont droit.

Peut-être qu’il va falloir se fâcher un peu.

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samedi 9 décembre 2006

Les douze travaux

Réunion avec les services municipaux pour les gros travaux à prévoir dans l’école.

En préambule, l’adjoint à  l’enseignement nous explique qu’il ne faut pas s’attendre à ce que toutes les demandes soient satisfaites. Loin de là. La poussée démographique et les difficultés budgétaires de la ville ne permettent pas d’envisager de traiter d’autres demandes que les urgences.

Malgré tout, nous listons ce qui n’étant pas indispensable – la preuve , nous fonctionnons sans- est tout de même essentiel au bon fonctionnement de l’école.

Un auvent pour les enfants qui attendent dans le froid et sous la pluie l’entrée au self. L’installation d’une vraie salle informatique, l’insonorisation d’une salle de sport très sonore, le remplacement de portes d’entrée qui datent de la construction de l’école, le remplacement de portails qu’il est impossible d’ouvrir dès que la température extérieure augmente de quelques degrés ( avec le réchauffement climatique, ça va devenir urgent), le remplacement du plafond d’un couloir qui tombe par morceaux de temps en temps sur  ceux qui ont le malheur d’être au mauvais endroit au mauvais moment et la peinture des cages d’escaliers dont le crépis soi-disant anti-graffitis  n’est certainement pas anti-crasse.

La plupart de ces travaux ont bien entendu été déjà demandés les années passées. Ils le seront sans doutes pour nombre d’entre eux redemandés l’an prochain. La commune ayant eu à faire face à la construction de deux, écoles maternelles et prévoyant la construction d’une école élémentaire ne dispose pas d’un budget suffisant pour entretenir l’existant.

Nous mesurons la limite de la gestion financière des écoles par les communes. Aucune aide de l’état ne vient palier ces déficiences. Où se trouve la soi-disant égalité des chances ?

Il manque une volonté politique très forte de reconnaître l’importance pour l’avenir d’un pays d’avoir une école qui fonctionne le plus correctement possible et de donner les moyens pour rétablir un juste équilibre.

Le mot égalité figure bien sur les frontons des écoles de la république. S’il pouvait figurer un peu plus dans les programmes des hommes (et femmes) politiques et dans les actes qui suivent leur élection.

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mercredi 6 décembre 2006

Faut bien commencer un jour.

Oui, mais comment ?

A ce jour, j’ai dans l’école deux stagiaires en stage " massé " de trois semaines. Ils sont étudiants de l’IUFM et effectuent leur premier stage en situation. Dans le meilleur des cas, ils auront deux, voir trois visites de formateurs pendant les trois semaines que dure leur stage. Bien entendu, il n’est pas question, sauf exception –une collègue directrice d’école d’application- de demander au directeur son avis sur ces stagiaires.

Il y a aussi un stagiaire en stage " filé " : c’est la dernière trouvaille de l’Education Nationale. Il a en charge une classe un jour par semaine durant toute l’année ( sauf quand il est en stage massé lui aussi : vous suivez ?). Le titulaire de la classe est pendant ce temps lui-même en formation ou dans l’école à travailler sur un projet précis mais son rôle n’est surtout pas d’aider ce jeune collègue. D’ailleurs comment le pourrait-il s’il est lui-même en formation.

J’ai aussi deux titulaires de première année. Tout frais émoulus de l’IUFM, ils manient la didactique comme pas deux mais possèdent peu de pédagogie, encore moins de psychologie de l’enfant. Quant à parler de vie professionnelle pratique, c’est le néant total. Suivant les personnalités, leur envie d’apprendre et leurs parcours, ça peut donner d’excellents résultats ou l’inverse. A condition toutefois d’avoir une équipe solide et un directeur un tant soit peu impliqué.

J’ai de plus un stagiaire de deuxième année qui n’ayant pas été évalué positivement l’an dernier, redouble si je puis dire. Toujours considéré comme étudiant, il a pourtant malgré son échec l’an dernier une classe en responsabilité toute l’année. Rassurez-vous, les formateurs IUFM qui doivent le suivre ne sont pas encore venus mais la conseillère pédagogique dont ce n’est pas le travail est malgré tout venu le voir une fois.

J’ai également des titulaires de deuxième année. Ceux-là ont déjà passé l’épreuve du feu mais n’en sont pas moins débutants et ont sérieusement besoin d’encadrement.

Cette année, j’ai de la chance : je n’ai pas de Liste Complémentaire : ces étudiants qui n’ayant pas été reçus au concours pour avoir droit à une formation se retrouvent dans une classe pour l’année. Leur formation sera pour l’an prochain.

Je crois que pour la plomberie, il faut une formation de deux ans minimum. L’avantage, c’est que les fuites ça se voit pour les tuyaux. Pas tout de suite chez les élèves…

Il serait plus que temps de revoir la formation et la façon d’attribuer les postes. Comment récupérer les enseignants les plus expérimentés dans les zones les plus difficiles ?

Finissons sur une anecdote. Notre stagiaire P2 s’étonnait que sa " séquence " sur la ponctuation n’ait pas vraiment marché. Il s’agissait de remettre dans un texte des points, des virgules, des points d’exclamation et des guillemets. Quand on est au CP ! Avec ou sans méthode syllabique, c’est le contraire qui aurait été étonnant ! Mais ajouta-t-elle : " Pour le pluriel, ils ont tous compris. "

Petit lexique à l’usage des non-enseignants :

P1 : Etudiant de première année qui prépare le concours à l’IUFM. Auparavant une bourse conséquente existait, elle a été supprimée. Une grosse majorité se présente en candidat libre. Il faut une licence pour présenter le concours.

P2 : Etudiant de deuxième année qui devra effectuer deux stages massés et un stage filé : un par cycle.

Stage massé : stage de trois semaines dans une classe d’accueil. Le titulaire de la classe est alors en stage de formation continuée.

Stage filé : stage d’une journée par semaine dans une classe d’accueil (toute l’année la même).

T1 : Titulaire de première année. Etudiant P2 ayant été validé qui effectue sa première année d’enseignement, il devra rester sauf accident de parcours deux ans sur la même école. Il aura droit à un stage de trois semaines : il laissera alors sa classe à un P2 en stage massé. Quand deux débutants s’rencontrent, qu’est-ce qu’ils se racontent ?

T2 : Titulaire dont c’est la deuxième année : il sera visité par l’inspecteur qui lui donnera sa première note.

Liste complémentaire : Etudiant n’ayant pas été reçu au concours mais se trouvant dans les rangs proches du dernier admis. Il sera recruté suivant les besoins pour assurer la classe toute l’année sans aucune formation ( Bien fait, il n’avait qu’à être reçu au concours). L’an dernier : près de 400 dans notre département !

P2 redoublant : Etudiant de deuxième année qui n’a pas été validé positivement ( qu’en termes élégants, ces choses-là sont dites…). Il ne peut devenir T1. On lui confie donc, en toute logique, une classe toute l’année comme les T1. En théorie, il doit être suivi par les formateurs de l’IUFM.

P.E : Professeur des écoles.

Cycle I : Petite section et moyenne section de l’école maternelle.

Cycle II : Grande section de l’école maternelle, cours préparatoire et cours élémentaire 1ère année de l’école élémentaire.

Cycle III : Cours élémentaire 2ème année, cours moyen 1ère et 2ème année de l’école élémentaire.

Directeur d’école : Personnage sans statut dont le rôle ne consiste absolument pas, en théorie, à assurer la formation des débutants.

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mardi 5 décembre 2006

Mauvais plan

Une conséquence directe de mon absence de vendredi. Rien que les femmes de service à la cantine pur cause d’absence d’enseignant  et des enfants surexcités. Pour ramener le calme et essayer d’enrayer cette montée de la violence verbale qui aurait pu facilement dégénérer, une des dames de service demande aux enfants de mettre les mains sur leur tête. Méthode ancienne, éprouvée pour laquelle je n’ai pas une sympathie particulière mais qui n’est pas non plus du  domaine du châtiment corporel. Et qui porte ses fruits puisque le calme est , de cette façon, revenu  assez vite. Les enfants ont pu après quelques minutes, finir leur repas dans le calme.

J’ai appris cette histoire le lendemain en recevant dans mon bureau une maman très contrariée qui venait se plaindre de cet état de fait.

J’ai tenté de lui expliquer la situation, les raisons qui avaient  abouti à cette décision des dames de service ainsi que l’absence de traumatisme chez les enfants de ce type de sanction.

J’avais cru la convaincre et la ramener à la raison. Il n’en fut rien. J’apprends aujourd’hui qu’elle ne veut pas en rester là et qu’elle va saisir l’association des parents d’élèves. Grand bien lui fasse, j’espère que le dialogue constructif que nous menons avec eux permettra de désamorcer ce conflit qui s’annonce préjudiciable pour tous.

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lundi 4 décembre 2006

Les absents ont toujours tort

Obligé de m’absenter vendredi dernier.

Mauvais plan : le vendredi est le jour le plus difficile de la semaine. Les enfants sont tous très excités en ce moment. De plus la collègue malade n’est toujours pas remplacée et une autre collègue est également absente. Je gère de loin : merci les portables.

De retour le samedi matin :  c’est la cour des récriminations : tout le monde se plaint de la journée de la veille : les femmes de service de la cantine pour lesquelles il n’y avait pas d’enseignant, les collègues pour les élèves qu’ils ont eu à garder et qui ont mis le bazar, les intervenants qui n’ont pas trouvé leurs élèves, etc…   Et pour couronner le tout, il n’y avait plus café, ni thé, ni sucre… La fin du monde !

J’avais pourtant passé une journée à peu près tranquille à ne pas avoir à répondre à mille sollicitations qui vous font passer la journée et vous retrouvent le soir à se demander à quoi on a bien consacrer son temps.

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