Le quotidien d'un directeur d'école

L'école vue de l'intérieur :les réflexions, au jour le jour, d'un directeur comme les autres dans une école comme les autres.

samedi 26 mai 2007

Dur, que les moments durent

Ca a commencé par la gestion d’une mère d’élève éconduite pour accompagner une sortie. La maîtresse ne tenait absolument pas à emmener cette maman et avait déjà d’autres parents.

Ce fut ensuite une discussion avec une grande soeur qui avait pris tout exprès sa journée pour me rencontrer. (Risqué sans prendre rendez-vous). Son frère refuse très souvent de se rendre à l’école et se fait vomir tout exprès. La maman ne le pousse pas assez. Un début de prise en charge au CMPP a très vite avorté. C’est un enfant assez gros, qui vit très mal cette situation et les remarques d ses camarades.

Je suis déjà intervenu dans cette classe où se moquer des autres semble être un sport local.

Après avoir organisé une rencontre avec la maman le soir même, je montais en classe pour une intervention avec l’autorisation et la participation du maître sur le droit à la différence. Intéressant et j’espère efficace. . .

Pour poursuivre, il fallut de nouveau chercher notre fugueur qui avait une fois de plus quitté sa classe. Il me fallut beaucoup d’énergie et de diplomatie pour le convaincre de retourner en classe. Cela devient un vrai casse-tête et je ne sais comment nous allons gérer e problème jusqu’à la fin de l’année.

Heureusement, mon assistante put s’occuper de joindre tous les parents que nous convoquions pour la journée du lendemain.

Le midi, ce fut la gestion d’une classe partie en sortie et oubliée par l’autocar pour le retour. Le chauffeur qui avait pourtant fait deux rotations le matin pour emmener trois classes , n’en a ramené que deux sans problèmes. !

Il fallut organiser avec les services de la ville le rapatriement de cette classe, rassurer tous les parents qui attendaient leur enfant pour le repas, appeler ceux qui attendaient à la maison, négocier avec les cuisines pour leur assurer un repas. Heureusement, nous ne sommes pas de ces villes quine donnent pas à manger aux lèves dont les parents n’ont pas payé d’avance. En l’occurrence, les repas leur seront offerts. Merci aux personnels.

L’après-midi se poursuivit avec la gestion des punis habituels, la rencontre avec un père d’élève qui, bien entendu, refuse le maintien de son fils en CM1 pour l’an prochain.

De nouveau, le fugueur qui avait, bien évidemment fait deux émules et qui se bronzait tranquillement sur un banc de la cour. J’eus à ce sujet un long échange avec mon inspecteur. Comment gérer cet enfant jusqu’à la fin de l’année ? Nous essaierons de mettre quelque chose en place la semaine prochaine mais je n’y crois pas trop. Le parcours de cet enfant, ses multiples arrestations " musclées " ces derniers temps, ses fréquentations à l’extérieur de l’école ne m’incitent pas à l’optimisme. Une rencontre prévue mi-juin avec son éducatrice, qu’il refuse de voir, et l’assistante sociale permettront peut-être d’envisager une solution pour l’an prochain.

Pour clore cette journée, j’apprit qu’une ambiance délétère régnait en salle des maîtres.

J’avoue rester perplexe devant la capacité de certaines personnes à monter en épingle des petits soucis plutôt que de faire face tous ensemble aux difficultés que nous rencontrons actuellement. Le différend venait d’une décision de renforcer le service de cour juste avant la classe de l’après-midi. En gros, trois fois dix minutes de service supplémentaire jusqu’à la fin de l’année.

Il peut pourtant sembler intéressant pour tous de récupérer à 13 heures des élèves beaucoup moins excités. . .

Posté par danledir à 07:29 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Je connais bien le truc qui consiste à se faire vomir pour ne pas aller à l'école...
    Pour le gamin en question : http://www.repop.fr/ Il y aura peut être un médecin qui pourra l'aider, parce que c'est à cet âge là qu'il faut commencer à s'en inquiéter...

    Posté par @nna, samedi 26 mai 2007 à 10:48

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