Le quotidien d'un directeur d'école

L'école vue de l'intérieur :les réflexions, au jour le jour, d'un directeur comme les autres dans une école comme les autres.

mardi 12 juin 2007

Conseil de (discipline) remédiation

Ajoût:

Dernière mise au point. Nous ne pouvons employer le mot de conseil de discipline réservé au collège et encadré par des textes très précis. Il s'agissait donc d'une réunion organisée par le directeur et que l'on peut appeler "conseil de remédiation".

J'espère que les "vrais" conseils de displine permettent aussi des remédiations...

(Une nouveauté chez nous. C’était la première fois. Nous en avions pris la décision lors d’un conseil des maîtres récent. L’idée fut proposée par l’une de nos nouvelles collègues de première année. Elle avait vu ce système fonctionner durant son stage dans une école d’application. La solennité de la procédure nous paraissait pouvoir calmer certains de nos esprits très excités en cette fin d’année difficile.

Pour équilibrer les participants, nous décidions d’inviter une de nos bénévoles, souvent présente à l’école pour les sorties et diverses activités. Les délégués élèves devant assister au conseil et défendre leurs camarades.

Nous eûmes plusieurs enfants à entendre. L’un qui ayant échappé à la vigilance de sa maîtresse s’était montré très irrespectueux envers une autre enseignante allant même jusqu’à vouloir lever la main sur elle en arrêtant heureusement son geste au dernier moment.

Pour les autres, il s’agissait d’élèves d’une même classe qui avaient perturbé toute la matinée la fête de l’école en se rendant dans différents lieux interdits : cuisine, école maternelle, sous-sol, etc.

Les sanctions proposées furent graduelles : de la simple retenue d’une heure jusqu’à la privation d’une sortie d’une journée et de la kermesse de fin d’année.

Bien entendu les décisions furent prises lors d’un conseil des maîtres qui suivit et communiquées aux parents dont j’avais reçu la plupart.

Espérons que ce dispositif aura les effets escomptés et verra l’année se finir dans une relative tranquillité.

Hélas, il va nous falloir réunir de nouveau ce conseil pour y entendre plusieurs élèves d’une autre classe de cm2 qui se sont mis à plusieurs pour voler des friandises dans leur classe. Plus préoccupant : l ‘enfant qui a entraîné les autres s’est déjà rendu coupable de ce genre de méfaits. Les sanctions prises par les parents et l’école avaient été assez sévères. Preuve que les sanctions ne suffisent pas. Dans ce cas, il va nous falloir se pencher sérieusement sur le problème.

Posté par danledir à 07:40 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Le fait d'avoir été l'objet d'un conseil de discipline en cm2 (abusif mais contre lequel on ne peut rien apparamment), figure-t-il sur le livret scolaire de l'enfant? Existe-t-il un texte qui l'interdise ? car ce serait préjudiciable pour le collège il me semble. Y aurait-il des démarches à faire le cas échéant, ou plus rapidement.
    Merci d'avance pour vos conseils

    Posté par Momo, vendredi 14 mars 2008 à 10:03
  • La construction du rapport à la loi

    Votre texte est très intéressant, car il pose un problème éducatif dans toute ses dimensions. Ce problème, c'est celui de la construction du rapport à la loi. Je trouve que ce que vous avez fait est remarquable, car, c'est au niveau de l'école que cette tâche éducative peut être développée. Vous avez raison de dire que l'école, qui n'est pas un établissement, ne peut avoir de conseil de discipline. Toutefois, les enseignants ne peuvent pas se désintéresser des incivilités qui s'y produisent, comme celles que vous décrivez. Le plus grave serait de laisser-faire. Il serait important, de mon point de vue, que vous puissiez dissocier les deux dimensions de cette construction du rapport à la loi. La première, c'est la loi elle-même, la seconde, c'est la médiation.
    Dans la première perspective, c'est la loi qui dit le droit, le devoir et la sanction. La sanction accomplie, c'est la communauté scolaire qui est réparée, mais c'est aussi l'auteur des transgressions. C'est en cela que la sanction est réparatrice. A condition que les droits, les devoirs et les sanctions soient écrits dans le règlement intérieur de l'école (qui ne peut déroger aux lois de la société et au réglement-type départemental). Vous avez raison de préciser que tout accusé a le droit d'être défendu. Le directeur a un rôle important à jouer. C'est lui qui préside les instances de ce conseil et qui signifie à tous, avec solennité les attendus et les sanctions. C'est lui qui anime les débats. C'est lui qui est le garant des valeurs et des règles.
    Dans la seconde perspective, celle de la médiation, c'est d'une autre chose dont il s'agit. Il s'agit d'éducation. C'est dans un autre cadre que se développe la médiation. Il serait trop long de développer la méthode. Si cela vous intéresse, vous pouvez consulter le site de Jacques Nimier (le dossier médiation) ou encore consulter les chapitres que j'ai consacrés à la médiation dans mon livre : L'inspection aux risques de l'évaluation (L'harmattan, 2005). Ce qui me paraît important, c'est que vous puissiez bien faire la différence entre l'exercice de la loi et celui de la médiation. Le médiateur ne devrait pas être dans les instances de la loi, puisqu'il lui faut accueillir ce que dit l'élève de façon à ce que celui-ci puisse comprendre le sens de la loi, confronté à son expérience.
    En tous les cas, vous avez trouvé, en équipe, des pistes pour assurer votre métier d'enseignant. Crodialement, Jean-Pol Rocquet

    Posté par rocquet, samedi 16 juin 2007 à 14:27

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