Le quotidien d'un directeur d'école

L'école vue de l'intérieur :les réflexions, au jour le jour, d'un directeur comme les autres dans une école comme les autres.

mercredi 31 octobre 2007

Enfin l'accostage...

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mardi 30 octobre 2007

Les temps changent...

Ce dessin - je remercie Jack et son site : http://dangerecole.blogspot.com/

illustre parfaitement la situation que nous avons vécue la semaine dernière pour la sortie.Il se trouve que j'ai commencé à travailler dans les années 70...

Dans  une de nos classes de ce1, nous avons inscrit depuis la rentrée un enfant particulièrement difficile. En grandes difficultés scolaires mais aussi très violent, ne tenant compte d'aucune remarque et perturbant complètement la classe. Nous avons, l'enseignante et moi, rencontré la maman à plusieurs reprises. nous ne désespérons pas de voir le père un jour quoique son fils nous a déclaré que s'il venait à l'école, ce serait "le désastre". Il se targue également d'avoir l'accord de son père pour taper sur tout ce qui bouge et aussi sur ce qui ne bouge pas.

Vendredi dernier, il fut exclu de sa classe pour des problèmes de violence envers ses camarades qui se sont reproduits à plusieurs reprises dans la journée. Il n'était donc pas là pour fêter les anniversaires du mois écoulé comme cela se fait traditionnellement dans les classes du cycle II.

Alors que nous avions reçu longuement la maman la veille, elle n'hésita pas à revenir accompagnée cette fois de sa soeur pour nous dire tout le mal qu'elle pensait de notre façon de faire. Elle avait donc récupéré son enfant en pleurs et tint à nous signaler qu'elle avait immédiatement rééquilibré la situation en lui permettant de choisir ce qu'il voulait à la boulangerie... Son fils, déconcertant de franchise, lui ayant dit qu'il faisait seulement semblant de pleurer, ne l'empêcha pas de poursuivre ses reproches à notre égard. Il fallut presque trois quarts d'heure de discussion et un dérapage verbal de son enfant remettant fortement en cause mon autorité : "il n'a qu'à pas être directeur celui-là!" pour qu'enfin, elle finisse par admettre que son petit chéri avait peut-être forcé la dose.

Jusqu'à la prochaine...

Au fait, c'est quand le salaire au mérite ?

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lundi 29 octobre 2007

Une école calme

Rien de tel que de revenir à l'école pendant les vacances. Le rêve: plus d'élèves, plus de collègues et plus de parents. Aucun coup de fil de l'administration, de la municipalité, des différents partenaires, etc.

J'ai donc pu de cette façon bouclé mes comptes et pointages de cantine, mes comptes d'étude et mes comptes de coopérative. Un petit tour au service de l'enseignement et à la banque pour porter tout cela et me voilà maintenant libre d'esprit et de corps.

J'aurais pu me lancer dans la rédaction du compte rendu du conseil d'école de samedi dernier mais je n'en ai pas eu le courage. Il faut dire que sur seulement quatre parents élus sur un potentiel de quinze, deux n'étaient pas présents et l'un est parti avant la fin. Notre DDEN ne vient plus depuis longtemps pour raisons de santé: elle a presque 85 ans et notre représentant du maire s'est fait excuser. De quoi ne pas vraiment se motiver. Notre conseil d'école était presque un conseil des maîtres. A cela près que toutes les informations qui ont été données étaient déjà connues des collègues. Le sentiment d'une grande perte de temps qui aurait pu être consacrée à travailler par exemple sur les difficultés que rencontrent nos jeunes collègues.

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samedi 27 octobre 2007

Attention travaux !

Revoilà revenu le temps des réunions avec les partenaires municipaux pour les prévisions de travaux de notre groupe scolaire. Nous y avions passé l'an dernier une matinée entière.

En relisant le compte rendu de cette réunion de décembre 2006, il est évident que la plupart des points abordés n'ont pas été traités.

Plus incroyable: l'un des points évoqués: la décision de récupérer un espace prêté à la maternelle pour héberger une classe,  a été carrément ignorée alors qu'il était prévu d'agrandir notre réfectoire qui devient insuffisant avec l'augmentation des rationnaires. Je précise que des constructions de batiments ont eu lieu en maternelle. Incroyable, la classe qui devait être en partie démolie a même été repeinte alors que les peintures crasseuses de nos escaliers attendent encore...

Plus étrange, personne ne peut me dire qui a pris cette décision, contraire à ce qui avait été prévu! Ni l'élu en charge du secteur, ni les services techniques, ni le service de l'enseignement...

Deuxième priorité qui avait été actée. L'installation d'une salle informatique pour les deux écoles élémentaires du groupe. Nous attendons toujours le cablage qui permet l'arrivée d'internet sur tous les postes ainsi que la mise en réseau. Là aussi, on ne sait qui n'a pas pris les bonnes décisions ? Cela ressemble assez à un conflit entre deux services.

Au vu de ces considérations et des absences de réponses, j'ai quitté cette réunion en leur suggérant pour l'année à venir de reprendre ce qui avait été notifié l'an dernier.

Cela ne va peut-être pas faire avancer les travaux mais ça soulage!

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vendredi 26 octobre 2007

Eduquons, c'est une insulte ?

Peut-être un hasard ou bien un signe inquiétant des temps à venir.

Nous voilà cette année débarassé de (presque) tous nos élèves au comportement hautement perturbant -appelation officielle- et perturbés - là, c'est moi qui rajoute- partis pour le collège.

Heureusement, pour nos collègues du second degré ils ont été répartis dans plusieurs collèges puisque bien que n'atant pas reconnus ZEP, nous alimentons les trois collèges ZEP du secteur, et dans plusieurs classes. Si toutefois, nos explications ont été prises en compte lors de la réunion de liaison CM2 - 6ème.

Nous sommes, en revanche, inquiets au sujet d'une partie des élèves de CP nouvellement accueillis. Une grosse partie d'entre eux se montre incapable de tenir en place plus de quelques minutes, ne prêtent pas attention aux paroles de leurs enseignants, ne suivent pas les consignes qui leur sont données. Ajoutez à cela quelques "gros cas", signalés par les collègues de maternelle mais pour lesquels il n'y a pas de solution immédiate mais qui perturbent considérablement le fonctionnement de la classe qui est déjà très difficile à mettre en place. Beaucoup d'enfants sont également très limités dans leur expression orale et semblent posséder un vocabulaire très limité.

Plusieurs questions. Est-ce un phénomène général ou bien est-ce le résultat de la ghettoïsation du quartier ? Est-ce un manque d'attention et d'éducation de la part des parents ignorant les règles élémentaires concernant l'hygiène de vie et la façon d'élever les enfants? Est-ce le résultat de l'esprit de 68 -comme dirait notre président- qui flotte encore dans l'air de nos banlieues?

Une fois, le constat établi de ces carences éducatives établi qu'il soit local ou global, comment y remédier? Quelle est la part de l'école dans la réduction de ces inégalités sociales si c'est de ça qu'il s'agit? Comment la société toute entière peut-elle se saisir de ce problème s'il s'agit, comme je suis enclin à la penser, d'un phénomène qui accentué chez nous, n'en existe pas moins sur l'ensemble du territoire?

Pour l'instant, nous avons eu à notre échelle un entretien avec notre inspecteur pour essayer de prendre en compte les cas les plus difficiles. La réponse n'est pas vraiment satisfaisante. Il faudra du temps, pour l'un d'entre euxn pour convaincre les parents de monter un dossier MDPH. Puis ensuite attendre les réponses s'il s'agit vraiment d'un handicap reconnu. Pour un autre, il s'agit certainement d'un déficit éducatif. Il va s'agir là de s'occuper aussi des parents. Pas facile.

L'embauche d'un CAE -emploi destiné aux personnes en situation de précarité, payé un peu plus de 700 € par mois pour des horaires scolaires- permettra, si la personne a le bon profil, de prendre en charge ces deux élèves.

Pour tous les autres, il va nous falloir beaucoup d'attention, de patience et d'imagination.

Nous avons pourtant dans ces CP des enseignants chevronnés et expérimentés qui parfois à la fin d'une dure journée se montrent à la fois découragés, désemparés et sur le point de craquer.

Un symptôme inquiétant.

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jeudi 25 octobre 2007

Acquis ! A qui et pour qui ?

Il faudra certainement se mobiliser un jour pour défendre cet acquis des luttes. Une journée d'information syndicale pour tous les collègues sur le temps de travail.

Je vois d'ici notre président : Comment je peux expliquer aux gens qui se lèvent tôt pour aller travailler que certains sont payés par l'état,non  pas pour se rendre au boulot, mais pour aller à une demi-journée organisée par leur syndicat?

Les collègues qui s'inscrivent à ces journées pour finalement rester au chaud sous la couette, fort heureusement, il n'y en a pas dans mon école mais cela existe, ne se rendent sans doutes pas compte de leur erreur. je comprends qu'on puisse avoir envie d'un samedi matin mais on sait maintenant qu'il suffit d'attendre la rentrée prochaine.

Pour ceux qui y sont venus, environ un quart des instits -il en reste encore- et des profs des écoles de la ville, beaucoup de débutants première et deuxième année, ce fut sans doutes intéressant.

La vision du syndicat organisateur sur les franchises médicales, les attaques contre le statut des fonctionnaires - vous en avez aussi des boulots précaires dans vos écoles: AVS, EVS, contrat avenir, CAE?- , un point sur la situation et la place des handicapés, le point sur la chasse aux familles de nos élèves sans papiers et la mise en place du logiciel base élèves pour lequel nous avons obtenu un premier succès avec le retrait des indications les plus controversées sur l'origine des élèves.

De beaux et futurs combat en perspective. Sans oublier la situation des écoles avec des effectifs en augmentation et des moyens en baisse.

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mercredi 24 octobre 2007

Dans grève, il y a rêve.

C'était sans doutes le cas la semaine dernière pour que les trois quarts de mes collègues décident de répondre à l'appel de plusieurs organisations syndicales pour accompagner le mouvement des transports.

Une journée de grève avec comme revendications: le retour aux trente sept années et demie pour tous: public et privé... De quoi rêver effectivement. Alors que nous avions fait grève pendant six semaines en 2003 sur ces most d'ordre en attendant que les transports nous rejoignent. Six semaines sans rien obtenir! Si ce n'est des retraits de salaire.

Ceci dit, au-delà de l'engagement personnel, c'est symptomatique de l'état d'esprit de ces collègues. Ils ressentent bien sûr le peu d'attention de notre administration en regard de leurs difficultés, et surtout de celles des élèves, rencontrées au quotidien.

Il nous faudra bien plus qu'une journée de grève pour nous faire entendre, si cela intéresse quelqu'un!

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lundi 22 octobre 2007

On connait la musique ?

C'est notre deuxième année d'un dispositif particulier. Un partenariat avec le conservatoire voisin nous permet de proposer à nos élèves de ce1 l'apprentissage d'un instrument ou de la danse sur temps scolaire et périscolaire (cantine, étude).

L'an dernier était une année d'essai qui a très bien fonctionné.

Tout d'abord un fonctionnement original: dès le premier cours, les enfants apprennent ensemble avec leur professeur. Nous avons retenu un maximum de cinq élèves par instrument. Deuxième nouveauté: les séances d'orchestre se pratiquent dès les premiers cours. Troisième curiosité: pas de formation musicale proprement dite mais un apprentissage lié à la pratique du chant choral. Deux cours d'orchestre, deux cours d'instrument et un cours de formation chorale par semaine pour les musiciens. Un dispositif assez lourd mais qui a bvien fonctionné avec la complicité des enseignants de ces classes.

Résultat, à la fin de l'année, un concert tout à fait honorable ainsi qu'une prestation dansée appréciée de tous. Un bon niveau après seulement  un an de pratique et des enfants ravis de participer à ces ateliers. De l'avis de quelques professionnels présents, une expérience atisfaisante et un niveau tout à fait supérieur à ce que l'on pourrait attendre des enfants ayant un an de conservatoire. Ajoutez-y le plaisir de jouer ensemble et vous avez les ingrédients d'une recette qui fonctionne bien. Cette expérience ce poursuit cette année. Voilà nos apprentis musiciens et danseurs en CE2 et en deuxième année de musique et danse. Aucun d'entre eux n'a voulu arrêter l'expérience. Il a fallu seulement remotiver deux d'entre eux. les quelques défections sont dues à des déménagements.

Fort de cette expérience et des votes budgétaires, nous pouvons également réitérer ce dispositif pour les CE1. Après des ateliers de découverte des instruments et de la danse, ils ont pu formuler leurs souhaits. Une réunion avec les parents nous a permis d'éclaircir le fonctionnement. Puis il a fallu faire des choix. Le plus difficile: plus de demandes que de places. pour la danse, ce fut relarivement facile, le professeur a décidé de prendre tout le monde à l'essai  pour le premier trimestre. Il se trouvera certainement certains enfants qui ne voudront pas continuer. Pour les instruments, nous avons du affiner nos critères et se baser sur l'intérêt montré lors des ateliers de découverte, la motivation des enfants et leur capacité. Là aussi un essai permettra peut-être de libérer quelques places pour des enfants placés pour l'instant en liste d'attente.

Toujours est-il que ce sont des choix douloureux. Heureusement, nous avons développé un partenariat avec un association du quartier qui permettra aux élèves qui n'étaienbt pas intéressés, il y en a, et à ceux qui n'ont pas été retenus de pratiquer soit des arts plastiques, soit du théâtre soit de créer des bandes dessinées avec l'un des enseignants.

Un gros travail de montage de dossiers et une vraie usine à gaz pour le fonctionnement de ces classes. Il faut gérer à la fois l'occupation des salles, les emplois du temps des profs et des élèves.

Un fonctionnement qui serait pratiquement impossible sans la présence de notre contrat avenir, embauché juste au bon moment.

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mercredi 10 octobre 2007

Enquête

Dommage, avec un test adn, cela aurait été plus rapide.

Résumé des faits.

Une collègue débutante ayant en charge un ce2 m’explique que la veille au soir un préservatif a été jeté dans la classe juste au moment de la sortie. Un garçon accusé par ses camarades se défend violemment et éclate en sanglots. Elle ne pense pas que ce soit lui. Démunie devant cette situation, elle ne sait quoi faire et demande mon aide.

Je vais donc dans la classe le matin et propose aux élèves de raconter par écrit ce qu’ils ont vu ou entendu et ce qu’ils faisaient à ce moment. La plupart d’entre eux se contente de signaler qu’ils n’ont rien vu.

Cet exercice me permet aussi de mesurer in vivo les difficultés d’orthographe et d’expression écrite des élèves. " Je n’ai rien vu " revenant très souvent mais écrit de plusieurs façons invraisemblables.

Quelques-uns en revanche nous livrent des témoignages intéressant. Ce qui me permet en les interrogeant individuellement de recouper toute l’histoire. Certains d’entre eux qui dans un premier temps avaient déclaré ne rien savoir m’ont ensuite fait part de leur témoignage. La plupart des élèves que j’interrogeais ne savaient pas de quoi il s’agissait et ignorait tout de cet objet.

Ce n’était pas le cas pour le fautif qui était bien celui désigné par ses camarades juste après l’incident.

Il avait emprunté le préservatif à son grand frère, l’avait montré à ses copains dans la cour, puis avait fait une démonstration de la façon de l’utiliser devant un de ses camarades dans les toilettes. Il avait ensuite mis ce préservatif dans la case de sa voisine pour finalement le jeter dans la classe quand celle-ci s’en était rendu compte et avait voulu lui rendre.

Il eut bien du mal à reconnaître ce scénario et finit tout de même par avouer la totalité d e l’histoire. Je lui demandai ensuite de l’écrire.

Il faut ajouter qu’il s’était aussi fait remarquer dans la cour pour avoir essayer de baisser le pantalon d’une fille.

Je contactais ensuite le père pour prendre rendez-vous. Ce sera la deuxième fois en quinze jours. Nous nous sommes déjà rencontrés suite à deux bagarres en classe et une tentative d’exhibition : il avait baissé son pantalon devant toute la classe.

C’est donc un sujet qui le travaille particulièrement et il va falloir s’en préoccuper très sérieusement.

Je dois avouer que je ne voyais pas, quand j’ai décidé de commencer, le rôle du directeur comme ça !

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mardi 9 octobre 2007

Harcèlement

Ce semble être le mot à la mode pour aujourd’hui. Pour commencer, le récit par une collègue de l’entrevue la veille au soir avec la maman de son charmant bambin. Arrivé à la rentrée en classe de CE1 avec un niveau très faible, il s’attaque à tout ce qui bouge, frappe, bouscule, fait tomber les autres enfants et même , c’est nouveau, mordu un camarade de jeu. Incapable de se tenir à sa place en classe, il va embêter les autres, parle à tort et à travers et abime systématiquement son matériel et celui des autres élèves.

Nous avons déjà rencontré la maman, lui avons conseillé une prise en charge extérieure et expliqué pourquoi nous devions quelquefois l’isoler pendant les récréations et le sortir de la classe. Elle l’avait admis certes difficilement mais semblait aller dans le même sens que nous. Puis virage à 180 degrés, c’est essentiellement de notre faute car nous lui en voulons personnellement, nous ne l’aimons pas, nous le punissons continuellement sans raisons et l’empêchons donc de progresser. C’est du harcèlement, nous a-t-elle dit et elle va de ce pas contacter l’inspection académique. Aujourd’hui, il n’est pas là, coïncidence ou réaction ?- ce fut un grand bonheur pour la maîtresse, la classe et les récréations ! Mais il va falloir faire beaucoup de chemin avec cette maman !

Deuxième cas de harcèlement. J’appelle le père d’un élève dont la classe doit partir en classe de neige. La famille n’est pas venue à la réunion et nous ne savons toujours pas si cette enfant doit partir ou non. Il m’agresse aussitôt en m’accusant de harcèlement ! J’ai beau luii expliquer que l’enseignant n’a pas eu de réponse et moi non plu, il n’en démord pas et assure que quand il a dit non, c’est non. Je lui propose bien de nous rencontrer pour en parler mais cela ne fait qu’attiser sa colère. De quel droit, me reproche-t-il, vais-je lui dicter ce qu’il doit faire ? Ce n’était bien sûr pas mon propos. Puis il raccroche sans autre forme de procès sans toutefois me menacer des foudres de l’inspection.

Ce qui n’est pas le cas d’une mère d’un élève de CE2 qui m’agressa à l’heure de la sortie devant tous les parents qui n’en perdirent pas une miette. J’eus beau lui proposer de venir discuter au bureau, rien à faire. Là aussi, nous étions particulièrement injustes avec son fils et notre hiérarchie allait en avoir des nouvelles. Et pourtant, quelle patience nous avons pour cet enfant particulièrement difficile arrivé chez nous à la rentrée de l’an dernier. Bien évidemment ,nous avions souvent rencontré la mère, le père aussi séparé de sa femme, et avons tout de même avancé un peu. Mais que d chemin à parcourir encore. Surtout si quand nous avançons de trois pas, il nous faut reculer de deux. . .

Cela interpelle également sur le vécu de ces parents qui ont sans doutes beaucoup de choses à reprocher à l’école dans leur propre vie. C’est assez facile à admettre pour des enseignants expérimentés qu’il faut prendre du recul , ne pas se sentir attaqué personnellement mais comprendre que c’est l’institution toute entière et au-delà qui est visée à travers nous. Mais pour les débutants, c’est assez douloureux à vivre. Alors qu’ils sont, et c’est très bien, très bienveillants avec leurs élèves, très à l’écoute.

Sans pouvoir faire des statistiques, il me semble que ce type de comportement de la part des parents me semble en hausse importante cette année. Souhaitons que je me trompe.

Posté par danledir à 18:42 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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