Le quotidien d'un directeur d'école

L'école vue de l'intérieur :les réflexions, au jour le jour, d'un directeur comme les autres dans une école comme les autres.

lundi 19 novembre 2007

Echec

Cela avit pourtant biern commencé. L'enfant qui avait tenté de frapper une enseignante la semaine dernière avait eu une attitude plutôt positive pendant le conseil de remédiation. Il avait écouté les différents participants et accepté les sanctions qui avaient été proposées. je lui avais expliqué longuement pourquoi ill était là et quel était le rôle de la sanction : à la fois réparation et lui permettant de ne pas se retrouver dans la même situation. Ses camarades délégués de la classe étaient intervenus à bon escient ainsi que les partcipants. Il ne s'agissait pas d'un conseil de discipline mais bien d'une recherche d'une solution éducative pour cet enfant.

Nous devions ce soir rencontrer la mère et lui expliquer ce qui s'était passé ainsi que les décisions prises par ce conseil. J'avais pour rôle de la convaincre cette fois de faire appel à une aide extérieure du type thérapie. ce qu'elle refusait jusqu'à ce jour.

Nous avions compris que le problème de cet enfant venait sans doutes d'une absence d'apprentisage de la frustation et donc d'un comportement axé sur la réalisation immédiate de ses désirs. Ce qu'il traduiqiat par "j'avais envie de" ou "je n'avais pas envie de ".

La mère était fidèle au rendez-vous mais accompagnée de la grand-mère et du beau père avec qui elle vit actuellement.

Il nous fut difficile de placer quelques mots car la réaction fut aussi violente que rapide. Son enfant avait parfaitement le droit de se défendre et était dans son bon droit quand il avait essayé de frapper l'enseignante.  Il faut préciser que l'enseignante avait du, après plusieurs remarques restées sans effet,   pour le retenir alors qu'il s'en allait, le tenir par sa capuche, capuche qui possédant des pressions s'était détachée. Pour la mère cela devenait " attrapé au colbac!"

Nous eûmes droit au refrain habituel. Dans cette école, personne ne l'aimait et nous étions tous ligués contre lui.

Il fut bien sûr impossible de répondre car la grand-mère s'y mit également et le maître ne put placer un seul mot pour parler du comportement en classe.

Nous avons déjà eu dans cette école quatre cas de ce genre ( en six ans) mais pour trois d'entre eux la réaction des parents ne fut certainement pas de donner raison à l'enfant, bien au contraire, ce qui permit à ces élèves de continuer leur scolarité sans autre forme de procès. Pour le quatrième, un changement d'école, une fois accepté par la famille, ce qui fut assez long, permit à l'enfant de se refaire une virginité ailleurs.

Finalement, la mère partit en disant pis que pendre de cette école et annonça que son fils ne reviendrait pas et qu'elle allait le changer d'école.

Le beau-père se permit de menacer l'enseignant et il en serait certainement venu aux mains si la grand-mère ne s'était pas interposée.

Que de gâchis !

Posté par danledir à 18:41 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Société de consommation, société de la jouissance immédiate, mon plaisir d'abord et le reste suivra, pas de règles, pas de contraintes, pas de limites.
    Or ce dont l'enfant a le plus besoin pour se structurer, ce sont des murs auxquels il puisse se cogner. Les adultes doivent jouer ce rôle, mais les parents d'aujourd'hui sont bien souvent de grands adolescents qui refusent de devenir adultes.
    De plus, l'image que l'enfant a de l'école se construit à partir de celle que lui renvoient les adultes auxquels il se réfère dans son entourage. On a rarement des problèmes avec un enfant quand son entourage valorise l'école, le travail, le savoir, la culture et l'enseignant.
    Mais ces valeurs là sont passées de mode. Consommer, consommer, consommer, jusqu'à en crever s'il le faut. Le fric facile, la gloire éphémère, la réussite sans effort, voilà ce que valorise notre société aujourd'hui. Sauf que ce n'est qu'illusion et poudre aux yeux, et plus dure sera la chute...

    Posté par snoop, mardi 20 novembre 2007 à 13:00
  • verre à moitié plein

    A la lecture de votre texte, on peut considérer le verre à moitié plein ou à moitié vide. Le plein, c'est la médiation avec l'élève. Il a entendu ce qui se disait et il l'a accepté. Le vide, c'est le verre des parents. Sans connaître ceux-ci, on peut avancer que certaines personnes ont intérêt à rester en conflit avec d'autres et notamment avec les agents des institutions. Pour eux, même si le conflit est coûteux (on peut supposer que, malgré tout, ce n'est pas agréable), il apparaît quand même préférable parce qu'il masque des défaillances, des échecs, par exemple dans l'éducation d'un enfant.
    Le problème, c'est qu'ils n'ont pas écouté ce que, vous, les enseignants, vous aviez à leur dire. Peut-être la grand-mère ou le compagnon de la mère ont-ils saisi des bribes de vos propos ? Le temps passant et les difficultés qu'ils ne manqueront pas de rencontrer, pourraient provoquer un travail de perlaboration. Mais ne rêvons pas. Il est plus vraisemblable qu'ils risquent de s'enfermer dans le jeu du mécanisme de défense qu'ils mettent en oeuvre pour se protéger. Ils semblent projeter sur les autres, et sur l'école en particulier, la difficulté d'éduquer leur enfant. Pour vous se pose le problème de trouver une autre médiation. Celle du psychologue, celle des services sociaux ? Ce qui est important, c'est le verre à moitié plein. De toute manière, vous avez fait oeuvre éducative.

    Posté par rocquet, lundi 26 novembre 2007 à 12:29

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