Le quotidien d'un directeur d'école

L'école vue de l'intérieur :les réflexions, au jour le jour, d'un directeur comme les autres dans une école comme les autres.

samedi 2 février 2008

Gifle, médiatisation, médiation et remédiation

De ce fait divers récent, aux réactions disproportionnées, que peut-on en dire? Bien évidemment les élèves n'ont pas à insulter leur professeur. Bien entendu, les professeurs n'ont pas à utiliser de châtiment corporel quel qu'il soit.

Quel est la part de la formation consacrée à réagir face à ce type de problème, Aucune. Quelle est l'écoute de l'administration quant aux souffrances de certains professeurs confrontés quotidiennement à ce type de réactions de la part d'élèves? Très insuffisante.

J'ai actuellement dans mon école quelques cas d'enfants extrêmement difficiles pour lesquels ce type de passage à l'acte pourrait malheureusement s'effectuer. Nous n'avons aucune aide supplémentaire depuis le début de l'année. Tout juste devrait-on voir arriver une personne, actuellement en précarité,  en contrat aidé sans aucune formation pour travailler dans une école. Nous l'attendons depuis début novembre, l'inspection académique et l'A.N.P.E se renvoyant la balle.

Nous n'avons pas non plus les postes qui permettraient d'avoir des classes moins chargées et de mieux faire face aux difficultés. Il va falloir encore nous mobiliser pour obtenir pour l'an prochain le poste indispensable pour faire face à l'augmentation du nombre d'élèves.

Dans les collèges et lycées professionnels les moyens sont largement insuffisants en terme de surveillant et CPE.

En équipe pédagogique, nous avons réfléchi à mettre en place un protocole pour éviter d'en arriver à un stade ou obligatoirement les choses peuvent basculer et entraîner des réactions disproportionnées d'un côté comme de l'autre.

Les enfants reconnus difficiles sont mis sous contrat de comportement et sont envoyés dans la classe de leur tuteur en cas de problème. Il ne s'agit pas d'une sanction mais d'un éloignement temporaire qui permet à la classe de retrouver sa sérénité et qui permet de dégonfler les conflits et de prendre du recul.

L'élève exclu n'est pas accueilli par son tuteur comme un "puni" mais comme un élève dont il a la charge, qu'il doit entendre et avec qui il aura un dialogue permettant de faire comprendre à l'enfant pourquoi il en est arrivé là.

Ce dispositif fonctionne plutôt bien. Il nous a permis de finir l'année dernière sans avoir eu à déplorer de graves incidents alors que nous avions à gérer un nombre important d'élèves hautement perturbateurs. Pour ceux que cela intéresse, reportez-vous aux chroniques de l'époque.

Il nous permet cette année de régler quelques situations difficiles et de faire progresser ces élèves.

Pour finir, j'ai le souvenir d'une collègue, il y a déjà un bon moment, qui s'était permise d'insulter, d'humilier et de frapper un élève en public devant toute la classe et qui n'a jamais été inquiétée malgré la plainte déposée par la mère.

Malheureusement l'enfant n'avait pas un père gendarme.

En ce qui me concerne, il m'est arrivé très rarement (deux fois) de donner une claque à un élève au tout début de ma carrière. Il s'agissait à chaque fois de gifle-réflexe répondant à une insulte d'un élève se trouvant très proche de moi. Je l'ai bien sûr regretté. Je ne l'aurais pas donnée si j'avais été plus expérimenté et si j'avais eu à faire quelques pas pour m'approcher de l'élève. Je ne les aurais sans doutes pas données si j'avais eu au cours de ma formation à réfléchir et à anticiper sur ce genre d'incident auxquels je n'étais absolument pas préparé.

Pour la petite histoire, cela n'a pas empêché l'une des élèves concernées de devenir professeur.

Je soutiens tout à fait ce collègue et comprend tout à fait ce qu'il doit ressentir. J'espère que son administration, ses supérieurs hiérarchiques le soutiennent complètement.

Pour une fois, notre ministre a eu une bonne réaction. Reconnaissons-le, c'est si rare.

Posté par danledir à 12:36 - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    Oui, félicitations à notre Ministre ! Pour une fois qu'il a la bonne réaction.
    Et soutien à notre collègue !

    Posté par L'instit, lundi 4 février 2008 à 09:13
  • Minute d'humour

    Message du répondeur d'une école ...

    "Bonjour! Vous avez rejoint le service de réponse automatisé de votre école. Dans le but de mieux répondre à vos besoins et de vous permettre de parler à la bonne personne, veuillez écouter le menu suivant avant de faire votre sélection :

    - Pour mentir au sujet de l'absence de votre enfant, faites le 1.
    - Pour excuser le fait que votre enfant n'ait pas fait son devoir, faites le 2.
    - Pour vous plaindre de ce que nous faisons, faites le 3.
    - Pour demander la démission d'un enseignant, faites le 4.
    - Pour demander pourquoi vous n'avez pas reçu les documents qui étaient déjà inclus dans votre lettre de convocation, ainsi que dans les précédents bulletins qui vous ont été postés, faites le 5.
    - Si vous voulez que nous élevions votre enfant, faites le 6.
    - Pour demander que votre enfant change d'enseignant pour la troisième fois cette année, faites le 7.
    - Pour vous plaindre des bus, faites le 8.
    - Pour vous plaindre de la cantine, faites le 9.

    - Si vous réalisez que vous êtes dans le vrai monde et que votre enfant doit être responsable de ses actions, de ses travaux en classe et à la maison, et que ce n'est pas la faute de l'enseignant de votre enfant s'il ne fournit pas d'effort ..... vous pouvez raccrocher, nous vous souhaitons une belle journée !"

    Posté par Furyo, mardi 5 février 2008 à 21:34
  • dc'est bien ce que je disais...Lol

    Posté par helene, mardi 19 février 2008 à 15:54
  • Renseignements

    Suite à une bagarre en cours de récré, la directrice a suggéré aux parents de l'élève agressé de porte plainte contre certains enfants dont elle a elle-même donné la liste à la Police.
    Il se trouve que cette liste n'est pas exhaustive ni juste puisqu'elle incrimine mon petit fils qui ne se trouvait pas là à ce moment là (toilettes) et exclut d'autres enfants pour certaines raisons(1er de la classe, parents au conseil des parents...). Le problème n'est pas là, je voudrais seulement savoir si le procédé de cette directrice est valable et même légal? Mon petit fils a déjà fait 6 heures de colle (parce que les adultes souvent ne reconnaîssent pas leurs erreurs et ne reviennent pas sur leur décision) et l'idée d''être convoqué au commissariat le terrorise et cette affaire l'a beaucoup affecté. Que peut faire sa maman pour stopper tout cela.
    Merci de répondre avec sérieux à une grand mère assez désemparée.
    M.

    Posté par monique appert, jeudi 10 avril 2008 à 13:59

Poster un commentaire