mardi 3 juin 2008
Drôle d'impression
Notre vénéré président préfère l'impressionnisme en peinture. Soit. Mais que veut-il dire par là quand il parle de l'école?
Quelle école a-t-il vécue pour avoir ce regard décalé sur la réalité? Quels obscurs conseillers ont sussuré dans ses oreilles les pires vilennies sur nos collègues? Croit-il vraiment que plus aucun enseignant ne fait travailler la mémoire et que chacun s'efforce au contraire de diluer ses apprentissages et de n'exiger de ses élèves que la surface des objets.
La pédagogie devient un gros mot. Haro sur les pédagogues ! Exit les recherches en sciences de l'éducation qui nous avaient fait progressé ces dernières années dans l'approche des conditions dans lesquelles les enfants apprennent.
Proposer le recrutement au niveau du master apportera-t-il vraiment un plus? Ne pourrait-on plutôt, puisqu'il s'agit de réforme, proposer aux futurs enseignants de s'inscrire dans des filières en relations directes avec leur futures fonctions?
Pour appliquer les "nouveaux programmes" tels qu'on nous les propose et faire travailler la mémoire et les mécanismes chez les enfants, nul besoin d'avoir un tel niveau! Il faudrait être cohérents dans vos propositions messieurs le président et ministre.
J'ai traversé beaucoup de réformes au cours de mes longues années d'enseignement, j'ai en rarement vu une mettre autant en péril l'école.
En attendant, dans nos quartiers ghetthoïsés, nous nous battons et inventons quotidiennement pour tenter de contrebalancer cette inégalité des chances qui nous colle à la peau comme de la boue à des sabots.
Intégration d'enfants handicapés sans aucun moyen supplémentaire, classes surchargées pour cause de suppression de postes, troubles du comportement de plus en plus répandus, insuffisance de moyens de remplacements et collègues qui craquent.
Amères impressions.
samedi 10 mai 2008
Service minimum, revenu maximum
Revoilà le service minimum. Il est vrai que comme on nous le serine depuis quelques temps, tout cela figurait dans les propositions de notre président.
J'avais déjà écrit sur cette question. J'en concluais que nous étions déjà au service minimum depuis longtemps et que cela n'avait pas l'air de vouloir s'arranger. Les propositions de fermeture de classe ou de suppressions de postes qui vident les bahuts et remplissent les rues ces derniers temps ne me démentiront pas.
Mais une nouvelle circulaire vient de nous ariverElle est assez plaisante.
On y reconnait qu'il s'agit de limiter l'accueil à un service de surveillance des enfants mais qu'on ne peut lui appliquer les règles qui régissent les centres de loisirs, ni pour le taux d'encadrement, ni pour les qualifications des animateurs, ni pour les modalités d'assurance. En revanche la commune reste responsable en cas d'accident.
Là ou cela devient juteux, c'est au niveau des rémunérations: l'état versera à la commune 90 € par jour par groupe de 15 enfants accueillis, donc 180 de 16 à 30, 270 de 31 à 45, etc.
Un bon conseil pour les collègues surtout débutants:
- Mettez vous en grève, on vous ponctionnera de 50 à 60 euros par jour, correspondant à 1/30ème de votre traitement.
- Inscrivez-vous auprès de la commune pour assurer le service minimum, aucune qualification, ni diplôme n'est requis.
- Acceptez de prendre plus de trente élèves puisqu'il n'y a aucune règle.
- Et touchez 270 euros amputés des charges que retiendra la commune.
Le lendemain, reconduisez la grève et continuez ainsi...
vendredi 28 mars 2008
Remise à niveau ou d'équerre ?
Les collègues sont plus que dubitatifs.
D'abord, aucun volontaire dans mon école pour encadrer ces stages. Je les comprends. Après 6 semaines passées avac leurs élèves ils aspirent à une quiétude bien méritée. Dans l'école voisine, seuls quelques collègues ayant certainement des soucis financiers ont accepté d'être volontaires.
Ensuite, le discussion a lieu sur la décision ou non de proposer ce dispositif aux parents.
Les avis sont assez partagés. Voilà les propos entendus en réunion d'équipe pédagogique.
L'efficacité du dispositif ne semble pas flagrante. Cette mesure fait plutôt gadget et ne résoudra aucun des problèmes que nous rencontrons avec les enfants en difficultés.
La peur de voir disparaître les réseaux d'aide pointe son nez. Déjà qu'on leur supprime leur prime ZEP au prétexte qu'ils sont rattachés à une circonscription et non à une école.
Certains collègues pensent aussi que le pouvoir d'achat n'est pas prêt d'augmenter si l'on commence à accpeter ces heures supplémentaires défiscalisées.
D'autres sont persuadés qu'il s'agit d'un premier couop de canif dans le statut des enseignants et que leur participation dans ce dispositif pendant les vacances deviendra vite obligatoire.
D'un autre côté, on pense qu'il est difficile de priver les familles d'un dispositif gratuit alors que certains plus aisés peuvent payer ce type de prestation à leurs enfants pendant les vacances.
Que cerains enseignants acceptent bien de donner des cours privés, souvent au noir, sans plus d'état d'âme que cela.
Que d'autres ne se privent pas de mettre leurs enfants dans des écoles privées pour les metre à l'abri d'un service public qui ne remplit plus sa mission.
Certains pensent qu'il faut essayer de jouer le jeu pour cette fois et qu'il sera toujours temps d'en tirer des conséquences et d'en mesurer l'efficacité pour prendre une décision pour les prochains stages des vacances d'été.
La discussion continue en attendant une prise de décision. Nous avons déjà dépassé les dates limites de dépot de candidatures et de propositions à faire aux parents.
L'important serait d'avoir une position commune sur la ville. Ce qui est loin d'être gagné.
mardi 18 mars 2008
Consultons, consultons,...
Voilà de l'ambition:
Notre ministre, déjà battu dans les urnes dans sa bonne ville de Périgueux, alors qu'il fut soutenu par notre président lui-même, repart à la recherche des voix qui lui ont manqué.
Il faudrait maintenant que l'on approuve ses nouveaux (?) programmes. ne reculant devant rien, il organise une consultation nationale! Tous les professeurs des écoles devront lire ces nouveaux programmes -imprimés à leurs frais- et donner leur avis.
Pour ce faire le samedi matin prochain est libéré pour les élèves. Encore trois heures de cours en moins. Les parents qui auront ainsi un week-end de trois jours vont être ravis.
J'ai peur pour lui que les enseignants aient le même réflexe que les citoyens de Périgueux. Mais qui va garantir la prise en compte des commentaires faits par les enseignants?
J'ai bien peur pour nous que les résultats de cette consultation soient faussés et les résultats déjà écrits.
J'ai encore en mémoire la grande consultation sur l'école qui n'avait eu aucune répercussion sur quoi que ce soit. Et pourtant, nous avions accepté, pour la plupart d'entre nous, de jouer le jeu.
L'ONU peut-elle nous envoyer des observateurs internationaux pour garantir le bon déroulement de ce troisième tour pour notre ministre?
jeudi 6 mars 2008
Nouveaux programmes et vieilles lunes
Les nouveaux programmes sont arrrivés.
C'est un peu comme le beaujolais. On va bientôt en avoir une nouvelle livraison chaque année.
Des nouveautés? Quelques unes: un heure de plus d'EPS (Education Physique et Sportive) déjà annoncée au début de l'année, une heure d'histoire de l'art et deux heures en moins sur toute la semaine. Voilà pour les plus grands changements.
Pour le reste, il parait que l'on va apprendre à lire, à écrire et compter! La grande découverte...
Je me demande bien ce que j'ai pu faire toutes ces années? Mes collègues également. Ou alors nous étions le petit village gaulois qui résiste à l'envahisseur, la dernière école qui faisait du calcul mental, de la lecture sans méthode globale, des rédactions que nous appelions, on ne peut pas être parfait, expression écrite, etc. Autour de nous, les autres écoles devaient consacrer leur temps à faire de la danse folklorique, des promenades, des jeux en tout genre, des fiches de cuisine et du tricot.
Soyons un peu sérieux.
A ne pas vouloir analyser les difficultés réelles que nous rencontrons, je ne vais pas les nier, j'en parle assez ici,
à refuser de voir les disparités locales dues à l'environnement socioculturel et à l'appartenance aux différentes catégories socioprofessionnelles, (le fameux donner plus pour ceux qui ont moins)
à penser que seule la volonté et davantage de travail suffiront à aider les élèves en grosses difficultés : les heures proposées le soir pour remplacer les deux heures supprimées pour les enfants chaque semaine,
donc à nier tout déterminisme social, nous allons droit dans le mur
J'ai souvent entendu ces discours tout au long de ma carrière y compris parfois à gauche. je n'ai pas vu les changements promis bien au contraire.
J'ai déjà eu l'occasion de dire que débutant dans une banlieue ouvrière dans les années soixante-dix, à l'époque du plein emploi, du logement acceptable pour presque tous, des familles non décomposées ou très peu, des valeurs transmises par la société, la télévision et les familles autres que l'argent roi, la réussite facile et la fascination pour les pipoles, les classes étant plus chargées, les élèves apprenaient à lire très facilement alors que je n'étais qu'instit débutant.( Pour mémoire, la méthode globale avait déjà disparu!!!)
Quelques trente-cinq ans plus tard, des enseignants confirmés, expérimentés, avec moins d'élèves peinent à longueur d'année et obtiennent des résultats peu satisfaisants. Et pourtant ils consacrent l'essentiel de leur temps à esayer d'apprendre à lire, à compter et à écrire à ces enfants.
Je suis consterné de voir que pendant toutes ces années, le discours des politiques n'a pas changé.
Pleurons sur les vielles lunes. Mais dans ce cas, rétablissons les conditions d'existence qui existaient à cette époque. Je suis d'accord pour le plein emploi, des conditions de logement décentes, des enfants non détruits par les conflits de leurs parents, un télévision éducative à des heures raisonnables, etc..
Et arrêtons de penser que l'école va régler les problèmes de la société. Elle ne peut, dans le meilleur des cas, que s'adapter aux difficultés nouvelles qui surgissent presque quotidiennement.
mardi 26 février 2008
EDUQUONS, c'est une insulte ?
Après le coup de boule de Zidane, héros footbalistique auprès de nos élèves, voilà au vu et sus de tous, les écarts langagistiques de notre président lui-même. De quoi animer les cours de récréation...
Quel modèle!
D'un côté ce qui est demandé aux enfants: le retour aux valeurs , à l'occasion défendues par le curé, la prise en charge de la mémoire d'enfants morts en déportation, la lecture de la lettre de Guy Môquet, le respect du aux emblèmes de la nation.
De l'autre le premier personnage de l'état, celui censé nous représenter tous, qu'on ait ou pas voté pour lui, se laissant aller à des propos grossiers devant les caméras, récidivant le coup d'éclat auprès des pêcheurs.
Merci monsieur le président.
Nous n'aurons plus dans nos services de récréation à réprimander, voire punir, les élèves auteurs de grossièretés envers leurs camarades. Juste une petite remarque positive qui leur permettra de se rêver un avenir tout tracé: " Toi, un jour, tu seras président de la République" !
Pour ceux qui frappaient leurs camarades, nous pouvions déjà dire: "Toi, tu seras certainement un très bon footballeur!"
Nous voilà tranquille pour surveiller les récrés. Les collègues vont apprécier.
Au fait, le visiteur du salon agressé par M. Sarkozy, n'aurait pas pu lui répondre par un coup de boule ?
mercredi 20 février 2008
Adopter un enfant juif mort !
( Je sais, il ne l'a pas dit comme cela, mais c'est tout de même une réalité.)
Quelle mouche morbide a donc piqué notre président?
A-t-il vraiment pensé que c'était une bonne idée?
Réfléchit-il quelques secondes avant de proférer ce genre d'inepties?
A-t-il seulement pensé à en parler à des proches -Simone Weil par exemple- pour tester leurs réactions?
A-t-il envisagé que d'autres pouvaient réclamer qu'on s'occupe aussi de leurs victimes? Les familles des Harkis, des Algériens torturés, de nos anciens colonisés, des Vietnamiens qu'on appelait à l'époque Indochinois, des Arméniens, des Rwandais, des Protestants, etc..
Il n'est pas dans mon propos de mettre l'ampleur de la shoah sur le même plan que toutes ces atrocités. Mais justement. Il me semble que son enseignement est est déjà présent dans les programmes et pas seulement de l'école primaire. Age où les enfants sont fragiles, s'identifient facilement. Au moins la lettre de Guy Moquet était proposée à la lecture des lycéens et non aux écoliers.
Il nous faut quitter le compationnel pour entrer dans le domaine de l'histoire. C'est à cette seule exigence que nous formerons des élèves capable d'une part de se rappeler mais d'autre part de réfléchir.
Je fais suffisament confiance à l'intelligence des enseignants pour traiter ce sujet d'une autre manière malgré les injonctions présidentielles.
Notons qu'il est admirable de voir les contorsions diplomatiques de notre ministre pour repeindre les propos tenus et éteindre les incendies allumés à cette occasion.
Si notre président est à court d'inspiration, je lui propose les devoirs de mémoire suivants à proposer dans les prochains dîners qu'il va fréquenter :Avec Nicolat Hulot, il proposerait que les enfants de maternelle adoptent un arbre mort de la forêt brésilienne ou indonésienne que nous détruisons allégrement. Avec Brigitte Bardot, il annoncerait que les élèves de cours préparatoire se verraient confier l'histoire de s'occuper d'un bébé phoque assassiné. Je vous laisse trouver d'autres exemples.
vendredi 15 février 2008
Evaluations pièges à ...
Première étape: J'en ai parlé ici, des synthèses avec le réseau d'aide, c'est à dire des réunions avec l'enseignant de la classe ( classe qu'il faut faire garder pendant ce temps si l'on dispose d'une personne, sinon il faut répartir les gaminous), les membres du réseau d'aide: psychologue (qui se partage entre plusieurs écoles), maître G sur "seulement" deux écoles et deux maîtres E sur les trois écoles du groupe plus le directeur.
Cela prend un certain temps. Nous parlons bien entendu des seuls élèves en difficultés. Cette année, la cuvée est particulièrement remarquable. Est-ce une tendance? Espérons que non. Ohé les collègues, vous avez le même sentiment ou c'est juste chez nous?
Au sortir de ces trois synthèses uniquement pour les cp, voilà tout un programme tracé. De nombreuses prises en charge par le réseau, autant de sollicitations pour les parents à prendre rendez-vous de touite urgence avec le CMPP du coin et une grande lassitude devant cette foultitude de problèmes. (Je sais, c'est osé mais depuis Ségolène et la bravitude, on peut se permettre).
D'ailleurs de la bravitude, il nous en faudrait un sacré paquet pour affronter l'augmentation en croissance exponentielle du nombre d'élèves en grandes difficultés. Le pluriel est mis exprès!
Deuxième étape : Nos enseignants de cp sont convoqués à une réunion sur le temps de travail. Petite parenthèse: comment faire pou garder trois classes quand nos collègues ont déjà accueilli dans leurs classes des élèves d'enseignants malades non remplacés: on se débrouille pour préparer des évaluations qu'il faudra faire passer sans délais.
Troisième étape: Nos enseignants concernés se rebiffent ( lemot est faible mais il faut raison garder). Pourquoi de nouvelles évaluations alors qu'à cette époque-ci de l'année, ils connaissent parfaitement leurs élèves et leurs difficultés, que les synthèses ont eu lieu et le travail de reédiation commencé? Il eut fallu les proposer en fin de grande section ou en tout début de cp. Pourquoi arrêter le prises en charge qui viennent juste de commencer pour embaucher les membres du réseau et même le directeur pour faire passer ces évaluations. Il faut compter plus de trente minutes par élève en passation individuelle sans compter les passations collectives. Quand on a sur le groupe six classes de vingt-cinq vous voyez bien le temps qu'il va falloir y consacrer.
Si encore, il s'agissait de définir des besoins et d'obtenir les moyens corrrespondants, par exemple: maître supplémentaire, personnel de réeau adapté aux besoins, etc.( Je rêve un peu) ils seraient tout à fait prêts à jouer le jeu. Mais il n'est malheureusement pas question de ça du tout. Après ces évaluations, nous nous retrouverons dans la même situation. Etant nous-mêmes notre propre recours comme on se plait à nous dire.
Alors merci, c'est déjà ce que l'on fait et il n'y a pas de temps à perdre. Les collègues se sont donc groupés pour refuser de faire ce travail supplémentaire qui ne peut que les gêner dans leur progression.
Dernière minute: il semblerait qu'il n'y ait que notre circonscription qui propose ces évaluations. Nous ne méritons pas cet honneur.
samedi 9 février 2008
Familles éclatées
Nous en avons beaucoup de ces familles éclatées, décomposées et recomposées. Beaucoup également de familles monoparentales. Il est rare que cela n'est pas laissé de trace sur leurs gamins.
Généralement, ces enfants sont souvent en opposition avec les règles. C'est sans doutes leur façon à eux de montrer qu'ils supportent mal ces situations.
Quand j'ai commencé à travailler au début des années soixante-dix, cela était très rare. Il semble que ce soit maintenant devenu la norme. Plus d ela moitié de mes élèves sont dans cette situation.
Situation qui peut prendre plusieurs formes. La maman seule abandonnée dès la naissance de son enfant. Les parents séparés ayant refait leur vie mais défait celle de leur progéniture. Des parents qu ont une garde alternée mais qui se déchirent à chaque fois en prenant leur enfant à témoin. Les mamans qui acceptent que le père de leurs enfants aient deux vies, deux femmes et ne soient présents qu'à mi-temps. Des pères disparus, n'ayant jamais existé ou essayant de récupérer leur enfant pour l'emmener au pays. Des pères existant mais pour qui il est plus important d'emmener leur petit au match de foot que de venir à l'école rencontrer l'enseignant. Des pères en prison pour plus ou moins longtemps.
J'ai heureusement quelques exemples pour lesquels cela se passe plutôt bien. Les enfants sont épanouis et vivent bien cette situation. Il s'agit en général de familles socialement plus favorisées.
En général, nous essayons les collègues et moi, si cela est possible de mobiliser le père autour des enjeux et des réussites scolaires en les impliquant dans le suivi de la scolarité, ça marche plutôt bien si on arrive à toucher une corde sensible: image paternelle remise en cause, fierté blessée, appel à la responsabilité.
Cela peut être quelquefois suivi d'effets spectaculaires quant aux résultats et au comportement de leurs enfants.
Aujourd'hui, ce fut, (pendant nos heures supplémentaires non encore rétribuées), c'est à dire après la sortie, l'accueil d'abord du père puis à sa demande de la mère. Le dialogue ne fut pas très chaleureux. Heureusement, j'avais installé l'enseignant entre la mère et le père, position qui pouvait s'avérer dangereuse mais qui permit de mettre une barrière entre eux. Il fut difficile de ne pas se laisser entraîner sur le chemin de leurs différends pour en rester strictement sur l'étude de ce qu'il convenait de faire pour améliorer les résultats tant scolaires que comportementaux de leur fils. La menace d'un signalement pour enfant en danger éducatif permit de délimiter le problème et de faire accepter par les deux parents la nécessité d'un véritable suivi de leur part et l'invitation à avoir recours à une prise en charge extérieure de type thérapeutique. Il était temps d'arrêter cette partie de ping-pong en se renvoyant mutuellement la faute mais d'agir pour éviter un envenimement de la situation.
Une heure et demie d'échanges pour nous l'espérons un changement dans l'attitude de cet élève. IL faut y croire.
vendredi 8 février 2008
L'imagination au pouvoir
Sans limites chez les élèves pour se dédouaner de leurs bêtises.
Ce midi, le surveillant de cantine, pardon : l'animateur de la restauration scolaire, vient me donner un mot qu'une élève de cm2 montrait à ses copines.
Je ne vous en livrerai pas la teneur exacte mais sachez que cet enfant possède un champ lexical assez large dans le domaine de la langue verte. Toutes les injures entendues ici ou là y figurent. En revanche, une orthographe pratiquement irréprochable et des accords respectés. Il faut bien positiver.
La petite commença par me dire que son nom figurait bien sur la feuille mais que ce n'était pas elle qui avait écrit.
Après une comparaison rapide avec son écriture habituelle il apparut assez vite qu'elle était bien l'auteur(e)de ce charmant billet.
Ca devint intéressant quand elle nous livra son explication:
Des élèves plus âgés lui parlant depuis le trottoir l'auraient obligée à écrire ces insultes sous la dictée en la menaçant de venir l'attendre à la sortie le soir pour récupérer le papier qui devait être rempli correctement, non sans avoir auparavant fait éloigner les camarades qui jouaient avec elle et qui d'ailleurs pouvaient en témoigner.( Si ça vous tente, une analyse grammaticale de cette phrase?)
Les camarades interrogés réfutèrent cette version abracadabrantesque en bloc.
Cela n'empêcha pas notre élève de la maintenir envers et contre tout.
Jusqu'à l'heure de la sortie ou elle fut bien obligée d'admettre que personne ne l'attendait et que cette histoire était inventée de toutes pièces.
L'explication suivante parait plus plausible mais on ne sait jamais. Il s'agirait d'un concours d'insultes qui aurait été fait à la maison avec des enfants plus âgés que sa grand-mère garde!
Voici une future carrière de scénariste qui s'annonce bien.
Ce métier nous réserve chaque jour son lot de nouveautés et de surprises...