Le quotidien d'un directeur d'école

L'école vue de l'intérieur :les réflexions, au jour le jour, d'un directeur comme les autres dans une école comme les autres.

vendredi 28 mars 2008

Remise à niveau ou d'équerre ?

Les collègues sont plus que dubitatifs.

D'abord, aucun volontaire dans mon école pour encadrer ces stages. Je les comprends. Après 6 semaines passées avac leurs élèves ils aspirent à une quiétude bien méritée. Dans l'école voisine, seuls quelques collègues ayant certainement des soucis financiers ont accepté d'être volontaires.

Ensuite, le discussion a lieu sur la décision ou non de proposer ce dispositif aux parents.

Les avis sont assez partagés. Voilà les propos entendus en réunion d'équipe pédagogique.

L'efficacité du dispositif ne semble pas flagrante. Cette mesure fait plutôt gadget et ne résoudra aucun des problèmes que nous rencontrons avec les enfants en difficultés.

La peur de voir disparaître les réseaux d'aide pointe son nez. Déjà qu'on leur supprime leur prime ZEP au prétexte qu'ils sont rattachés à une circonscription et non à une école.

Certains collègues pensent aussi que le pouvoir d'achat n'est pas prêt d'augmenter si l'on commence à accpeter ces heures supplémentaires défiscalisées.

D'autres sont persuadés qu'il s'agit d'un premier couop de canif dans le statut des enseignants et que leur participation dans ce dispositif pendant les vacances deviendra vite obligatoire.

D'un autre côté, on pense qu'il est difficile de priver les familles d'un dispositif gratuit alors que certains plus aisés peuvent payer ce type de prestation à leurs enfants pendant les vacances.

Que cerains enseignants acceptent bien de donner des cours privés, souvent au noir, sans plus d'état d'âme que cela.

Que d'autres ne se privent pas de mettre leurs enfants dans des écoles privées pour les metre à l'abri d'un service public qui ne remplit plus sa mission.

Certains pensent qu'il faut essayer de jouer le jeu pour cette fois et qu'il sera toujours temps d'en tirer des conséquences et d'en mesurer l'efficacité pour prendre une décision pour les prochains stages des vacances d'été.

La discussion continue en attendant une prise de décision. Nous avons déjà dépassé les dates limites de dépot de candidatures et de propositions à faire aux parents.

L'important serait d'avoir une position commune sur la ville. Ce qui est loin d'être gagné.

Posté par danledir à 18:16 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 18 mars 2008

Consultons, consultons,...

Voilà de l'ambition:

Notre ministre, déjà battu dans les urnes dans sa bonne ville de Périgueux, alors qu'il fut soutenu par notre président lui-même, repart à la recherche des voix qui lui ont manqué.

Il faudrait maintenant que l'on approuve ses nouveaux (?) programmes. ne reculant devant rien, il organise une consultation nationale! Tous les professeurs des écoles devront lire ces nouveaux programmes -imprimés à leurs frais- et donner leur avis.

Pour ce faire le samedi matin prochain est libéré pour les élèves. Encore trois heures de cours en moins. Les parents qui auront ainsi un week-end de trois jours vont être ravis.

J'ai peur pour lui que les enseignants aient le même réflexe que les citoyens de Périgueux. Mais qui va garantir la prise en compte des commentaires faits par les enseignants?

J'ai bien peur  pour nous que les résultats de cette consultation soient faussés et les résultats déjà écrits.

J'ai encore en mémoire la grande consultation sur l'école qui n'avait eu aucune répercussion sur quoi que ce soit. Et pourtant, nous avions accepté, pour la plupart d'entre nous, de jouer le jeu.

L'ONU peut-elle nous envoyer des observateurs internationaux pour garantir le bon déroulement de ce troisième tour pour notre ministre?

Posté par danledir à 08:33 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 6 mars 2008

Nouveaux programmes et vieilles lunes

Les nouveaux programmes sont arrrivés.

C'est un peu comme le beaujolais. On va bientôt en avoir une nouvelle livraison chaque année.

Des nouveautés? Quelques unes: un heure de plus d'EPS (Education Physique et Sportive) déjà annoncée au début de l'année, une heure d'histoire de l'art et deux heures en moins sur toute la semaine. Voilà pour les plus grands changements.

Pour le reste, il parait que l'on va apprendre à lire, à écrire et compter! La grande découverte...

Je me demande bien ce que j'ai pu faire toutes ces années? Mes collègues également. Ou alors nous étions le petit village gaulois qui résiste à l'envahisseur, la dernière école qui faisait du calcul mental, de la lecture sans méthode globale, des rédactions que nous appelions, on ne peut pas être parfait, expression écrite, etc. Autour de nous, les autres écoles devaient consacrer leur temps à faire de la danse  folklorique, des promenades, des jeux en tout genre, des fiches de cuisine et du tricot.

Soyons un peu sérieux.

A ne pas vouloir analyser les difficultés réelles que nous rencontrons, je ne vais pas les nier, j'en parle assez ici,

à refuser de voir les disparités locales dues à l'environnement socioculturel et à l'appartenance aux différentes catégories socioprofessionnelles, (le fameux donner plus pour ceux qui ont moins)

à penser que seule la volonté et davantage de travail suffiront à aider les élèves en grosses difficultés : les heures proposées le soir pour remplacer les deux heures supprimées pour les enfants chaque semaine,

donc à nier tout déterminisme social, nous allons droit dans le mur

J'ai souvent entendu ces discours tout au long de ma carrière y compris parfois à gauche. je n'ai pas vu les changements promis bien au contraire.

J'ai déjà eu l'occasion de dire que débutant dans une banlieue ouvrière dans les années soixante-dix, à l'époque du plein emploi, du logement acceptable pour presque tous, des familles non décomposées ou très peu, des valeurs transmises par la société, la télévision et les familles autres  que l'argent roi, la réussite facile et la fascination pour les pipoles, les classes étant plus chargées, les élèves apprenaient à lire très facilement alors que je n'étais qu'instit débutant.( Pour mémoire, la méthode globale avait déjà disparu!!!)

Quelques trente-cinq ans plus tard, des enseignants confirmés, expérimentés, avec moins d'élèves peinent à longueur d'année et obtiennent des résultats peu satisfaisants. Et pourtant ils consacrent l'essentiel de leur temps à esayer d'apprendre à lire, à compter et à écrire à ces enfants.

Je suis consterné de voir que pendant toutes ces années, le discours des politiques n'a pas changé.

Pleurons sur les vielles lunes. Mais dans ce cas, rétablissons les conditions d'existence qui existaient à cette époque. Je suis d'accord pour le plein emploi, des conditions de logement décentes, des enfants non détruits par les conflits de leurs parents, un télévision éducative à des heures raisonnables, etc..

Et arrêtons de penser que l'école va régler les problèmes de la société. Elle ne peut, dans le meilleur des cas, que s'adapter aux difficultés nouvelles qui surgissent  presque quotidiennement.

Posté par danledir à 08:43 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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