Le quotidien d'un directeur d'école

L'école vue de l'intérieur :les réflexions, au jour le jour, d'un directeur comme les autres dans une école comme les autres.

jeudi 24 février 2011

VACANCES ?

Le travail d'un adjoint à l'enseignement est beaucoup plus calme pendant les vacances scolaires. Pas ou très peu d'appels, et pour cause, des directions d'écoles. Cela permet de rattraper le temps perdu, de lire les nombreux documents accumulés pendant ces dernières semaines, voir ces derniers mois pour certains.

Le temps de traiter les nombreux courriels laissés en souffrance, de prévoir les nombreuses réunions à planifier dans les prochaines semaines.

Toutefois, les demandes de rendez-vous pour les dérogations scolaires commencent à affluer.

L'ouverture d'un nouveau groupe scolaire provoque comme l'an dernier de nombreux changements qui sont pour la plupart mal vécus par les familles. Evidemment, il s'agit de changer ses habitudes.

Pour ceux qui vont intégrer les nouveaux bâtiments, ce sera moins difficile. Ils vont y gagner en qualité d'accueil, en possibilités d'activités. Malgré tout, il y a de nombreuses réticences à quitter son ancienne école dans laquelle on avait tous ses repères et c'est bien entendu tout à fait compréhensible.

Pour les autres qui vont changer d'école sans intégrer la nouvelle, c'est plus difficile à vivre. Mais c'est incontournable si l'on veut accueillir tous les enfants.

Ce sera donc, malgré les rencontres prévues avec les parents concernés, de nombreux rendez-vous au cours desquels il va falloir expliquement longuement les changements de secteur qui ne paraissent pas au premier abord pour certains d'une grande logique.

Ensuite, ce sera la commission multipartite qui tranchera.

La tenue des permanences d'élus me permettra de changer un peu de domaine puisque ce sont essentiellement des personnes concernées par le logement qui viennent à l'hôtel de ville.

J'ai rencontré en particulier cette fois, une femme seule avec quatre enfants, en congé de longue maladie qui s'enfonce progressivement dans la misère depuis qu'elle a du cesser son travail. Ayant un loyer dans le privé très élevé ( A quand un encadrement des loyers?), elle peut difficilement faire face à toutes ses charges, se voit dans l'obligation de fréquenter les restos du coeur et n'a rien pu offrir à ses enfants pour Noêl. Ajoutez à cela que le père des enfants, qui vit séparé, ne peut plus payer la pension. Tous les ingrédients sont réunis pour que les dettes s'accumulent et que l'expulsion du logement soit au bout.

Sa dette de loyer, pour laquelle une demande d'aide au FSL vient d'être rejetée, l'empêche de prétendre à un logement social. C'est un cercle vicieux qui parait difficile à rompre.

Je peux au moins l'aider pour appliquer à ses enfants un tarif de cantine minimum.

 

 

 

 

 

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dimanche 6 février 2011

Grosse journée

Grosse à plus d'un titre.

En effet, ce fut d'abord la rencontre pour les arbitrages budgétaires. Comment, alors que le nombre d'élèves augmente, réduire les crédits de fonctionnement pour répondre au cadrage?

 

Faut-il supprimer l'aide aux classes transplantées, ne plus offrir un spectacle vivant aux élèves de cours préparatoire, supprimer l'arbre de noël dans les écoles, échanger le dictionnaire symbolique offert aux futurs collégiens contre un livre moins cher, etc...

Que des choix douloureux. Finalement, dans un premier temps, rien ne fut retenu. Mais si tous les services font de même, nous ne serons pas dans l'enveloppe budgétaire. A suivre donc.

Ensuite, je pris en cours de route la commission tarifs. De plus en plus de dossiers, la plupart préparés par les services sociaux, d'autres par les assistantes sociales du programme de réussite éducative et le reste par le service lui-même.

C'est là que nous cotoyons vraiment les difficultés sociales. Des familles qui ont un "reste à vivre", terme technique qui porte bien son nom, c'est la somme disponible quand toutes les charges obligatoires ont été déduites: loyer, factures électrcité, gaz, téléphone, etc.. Nous prenons le temps d'étudier soigneusement chaque dossier pour essayer d'être le plus juste possible et de permettre à ces enfants de rester à la restauration scolaire.

L'exercice est assez déprimant. 

La matinée ayant duré, je fis un saut pour répondre à l'invitation d'un commerçant qui ouvrait son restaurant. Le temps de grignoter quelques nems avant de rejoindre l'hôtel de ville pour être aux côtés du maire pour recevoir comme chaque année l'inspecteur d' Académie. Préparation de la carte scolaire oblige. 

Nous avons donc fait le tour des demandes: ici des ouvertures nécessaires, là des possibilités de fermetures dues à des baisses d'effectifs dans certains secteurs  et à des changements de secteur dus à l'ouverture d'un nouveau groupes scolaire à la rentrée, malgré une augmentation globale du nombre d'élève. Le travail mené en amont et en partenariat avec les inspecteurs de circonscription nous permit comme les années passées de facilement tomber d'accord. Nous ne serons donc pas touchés par les fermetures de postes annoncées dans l'éducation nationale. 

En revanche pour le classement ZEP de ces nouvelles écoles, ce sera plus difficile. Cela reste du ressort du ministère qui nous a déjà répondu négativement pour le grouope scolare ouvert cette année. 

A peine le temps de souffler et il faut se rendre à la commission d'attribution des logements, dans laquelle je siège depuis le départ d'une conseillère.

Notre travail consiste à accepter et classer les propositions faites par le service logement. Trois dossiers pour chasque logement afin de ne pas perdre de temps et de réduire le temps pendant lequel les appartements restent vides, et risquent d'être squattés.

C'est plutôt agréable de penser que l'on va faire plaisir à ces familles qui attendent un logement depuis souvent plusieurs années. De constater qu'en déboursant la moitié de ce qu'ils payent dans le privé ils vont bénéficier d'un logement souvent deux fois plus grand.

Ce sera ensuite un retour dans mon bureau pour prendre connaissance des quelques cinquante mails quotidiens, signer les multiples parapheurs et entregistrer quelques courriers pour ma secrétaire.

Pour finir la journée, un petit tour dans un école ouverte le soir, non pour les élèves mais pour supporter notre candidat aux cantonales.  Un peu de monde, une soixantaine de personnes dont une grande partie de nouveaux. Bon signe?

Vivement la fin de cette période électorale  qui rajoute encore à la charge quotidienne.

 

Pour l'école

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samedi 5 février 2011

Reprise

Bien difficile de se poser pour réfléchir.

Le temps file à une vitesse pas croyable et les journées se suivent sans se ressembler sauf pour ce qui est de la charge de travail.

J'imaginais bien que ce ne serait pas une sinécure mais de là à occuper toutes ses journées et presque toutes ses soirées, je n'avais pas poussé mon imagination jusque là.

Pour en  avoir un aperçu, voilà grosso modo l'emploi du temps d'une des journées:

Cela commençait par la réunion travaux dans le nouveau groupe scolaire. J'avais à tort pensé que vu son âge, à peine quelques mois, la réunion serait brève. Il n'en fut rien. Bien au contraire. cela nous permis de noter tous les dysfonctionnements qui nous serviront je l'espère pour les constructions des prochaines. A noter l'attitude bienveillante qui malgré avoir essuyé les plâtres sont tout à fait compréhesives et souriantes. ce qui n'est pas forcément toujours le cas.

C'était une des dernières réunions et nous avons maintenant un gros travail d'étude de toutes ces demandes, de priorisation et de décisions budgétaires.

Au vu du déroulement de cette année, il nous faudra revoir pour l'an prochain, le déroulement, la présence d'e responsables d'autres services comme l'entretien et la restauration par exemple.

Dans l'ensemble, ce fut satisfaisant. Les parents d'élèves s'impliquent de plus en plus et cela nous permet d'expliquer quelles sont les contraintes budgétaires et les possibilités.

La réunion  s'éternisa tellement que je ne pus aller à l'inauguration du forum des métiers dans le lycée voisin. Dommage, j'aurais pu y rencontrer le recteur...

L'après-midi fut consacré à quelques rendez-vous: de nouvelles inscriptions pour la plupart envoyées par mon service car il manquait quelques papiers: justificatifs de domiciliation pour les familles hébergées ou bien des demandes pour des enfants venant tout juste d'avoir trois ans, des demandes de réduction de tarifs de restauration scolaire. Presque la routine!

Un peu de temps pour étudier quelques dossiers et préparer les réunions des jours suivants. Quelques coups de fil pour régler quelques urgences dans les écoles.

Ce fut ensuite comme chaque  début de semaine, notre bureau municipal. Pour cette fois il commença  ( presque) à l'heure. Sans doutes, le résultat de quelques interventions au dernier séminaire de travail regroupant ce week-end les élus et l'administration.

Ce bureau qui aurait pu se terminer un peu plus tôt fut malheureusement suivi d'une réunion de la majorité municipale.

Réunion au demeurant peu intéressante. En effet la proximité des élections cantonales réveilla chez quelques-uns de nos partenaires des ardeurs insoupçonnées qu'il serait sans doutes préférable de mettre au service du travail municipal. Je reste assez soft volontairement...

Il fut temps ensuite de rejoindre son foyer.

Posté par danledir à 17:29 - Commentaires [1] - Permalien [#]