Le quotidien d'un directeur d'école

L'école vue de l'intérieur :les réflexions, au jour le jour, d'un directeur comme les autres dans une école comme les autres.

lundi 28 janvier 2008

Evaluons.

Depuis trois ans maintenant, nous recevons de l'Education Nationale les résultats de nos anciens élèves aux évaluations de sixième accompagnés de tableaux permettant de comparer avec les résultats attendus, les résultats départementaux et les résultats nationaux.

Il s'agit bien entendu de moyenne d'école et cela ne permet pas de voir la composition même à l'intérieur d'une école. Pour cela nous disposons de JADE logiciel dont j'ai déjà eu l'occasion de parler ici.

Comment calcule-t-on un résultat attendu? Tout simplement en classant les élèves et leurs résultats par catégorie socioprofessionnelle des parents: les fameuses CSP. C'est possible car contrairement au premier degré qui refuse majoritairement le fichage en refusant l'installation du logiciel base élèves, le secondaire possède un instrument semblable depuis belle lurette. On en tire des moyennes départementales par catégorie : A: très favorisée, B: favorisée, C: moyenne et D: défavorisée. Il ne reste plus qu'à comparer avec la composition de sa propre population scolaire et à comparer avec les résultats obtenus.

C'est un assez bon outil qui peut nous aider dans notre travail. En effet, il nous donne d'abord une indication globale sur le niveau de l'école: au-dessus ou en dessous des résultats attendus et relativise les difficultés. Il peut nous être utile car décliné par item, il nous permet de voir nos faiblesses et d'y remédier.

Son utilisation peut aussi être ambiguë. Si par exemple, les moyens supplémentaires sont donnés en priorité aux écoles dont les résultats sont faibles et bien en dessous de ce que l'on pourrait attendre. Ce qui peut paraître injuste aux équipes qui donnent un maximum, obtiennent des résultats au delà  de ce qui est attendu mais ne voient arriver aucun moyen considérant qu'ils se débrouillent bien tout seuls.

Autre utilisation qui pourrait s'avérer redoutable , le salaire au mérite disposerait là d'un outil performant. Alors qu'il peut exister beaucoup d'autres facteurs: la stabilité de l'équipe, l'expérience des enseignants, la stabilité des élèves, etc.

En ce qui nous concerne, nous sommes depuis trois ans, assez au-dessus de ce que l'on peut attendre et au dessus des moyennes départementales. Cela est encourageant, d'autant plus que l'idée qu'on se fait  de nos difficultés pourraient nous inciter à penser le contraire.

Trois soucis tout de même. D'une part, nous sommes encore éloignés des moyennes nationales, ce qui prouve la spécificité de ce département. Cette année nous n'avons pas eu les moyennes obtenues en ZEP, ce qui est dommage car cela nous aurait sans doutes permis de constater que nous étions malgré nos relatifs bons résultats encore au-dessous des moyennes ZEP alors que nous ne le sommes pas.

D'autre part, nous ne disposons pas des résultats de ceux de nos élèves partis en privé. Pourtant sous contrat. Comme ceux-ci sont choisis sur dossier, vous pensez bien que leur réintégration dans les moyennes ne pourrait que la faire augmenter.

Enfin, quand on commence à parler de libérer la carte scolaire, vous imaginez ce que l'on pourrait faire de ces chiffres et la ghettoïsation qui en résulterait pour certaines écoles.

Quand va-t-on traiter tout le monde de la même façon? Le mot égalité figure pourtant, ou devrait figurer, au fronton des écoles.

Posté par danledir à 18:43 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Petite question : Quelle CSP ? Celle du père ou celle de la mère ? La plus élevée des deux ? Ou la plus basse ?
    Je me doute bien de la réponse .... Ou, encore une fois, comment fausser des stats ....

    Posté par alphabet, lundi 28 janvier 2008 à 21:52
  • Pour continuer dans les question comme Alphabet : que signifie trés favorisée ou favorisée, par exemple? Un père commerçant est-il classé dans les favorisés? Alors que ooui, il est favorisé point de vue capital financier mais point de vue capital scolaire et culturel... j'ai des doutes. En revanche, un instituteur est-il classé dans favorisé? Alors que lui, il n'a pas (sauf avoir gagner au loto ou avoir fait un riche héritage..; n'est ce pas?) de capital financier ; mais ses "capitals" scolaire, culturel et symbolique sont importants. 9 enfants sur 10 ayant un parent instituteurs vont au moins jusqu'à la licence...
    Alors, oui, comment lesCSP ont-elles été rangées?

    Posté par Fille de Rollon, mardi 29 janvier 2008 à 16:06

Poster un commentaire